Le chargé de mission royale Koen Geens démissionne

Koen Geens au Palais

Koen Geens s'est rendu ce vendredi soir au Palais. Le chargé de mission royale y a donné sa démission au roi Philippe. Ce dernier va lancer de nouvelles consultations lundi.

Le chargé de mission royale Koen Geens (CD&V), successeur du duo d'informateurs Joachim Coens (CD&V) - Georges-Louis Bouchez (MR) dans les efforts en vue de négociations formelles de formation d'un gouvernement fédéral, s'est rendu ce vendredi soir au Palais. Il a indiqué dans la foulée qu'il démissionnait.

Koen Geens a remis au Roi ce vendredi un rapport final, - alors que celui-ci devait initialement être rendu lundi - et a demandé d’être déchargé de sa mission. Le Roi a accepté sa démission et "exprimé son appréciation pour ses efforts et le travail réalisé". Le souverain entamera lundi des consultations. Geens a donné une conférence de presse dans la foulée pour expliquer les raisons de cette démission.

"Pour cette législature, le PS ne veut pas d'une coalition avec la N-VA"

"Pour cette législature, le PS ne veut pas d'une coalition avec la N-VA. (...) Mais je suis convaincu que cette formule aurait été la meilleure chose pour le pays", a indiqué Koen Geens lors de cette conférence de presse. "Un parti (le PS) s'est montré particulièrement non favorable à une alliance avec un autre parti (la N-VA)", a constaté Geens. "Un veto définitif a été prononcé par le PS contre la N-VA", a-t-il ajouté.

"Je trouvais que continuer dans cette voie n'était plus utile après les déclarations de ces derniers jours."
Koen Geens

"Il faut pouvoir avouer un échec. Cela me désole de ne pas avoir pu consulter tous les partis. Mais je trouvais que continuer dans cette voie n'était plus utile après les déclarations de ces derniers jours", a-t-il expliqué, ajoutant que son rapport n'était pas complet. Koen Geens a toutefois annoncé avoir rendu une note de 16 pages reprenant point par point les thématiques fédérales jugées importantes: le socio-économique, la sécurité, la justice, l'immigration, l'énergie, l'environnement et la mobilité.

Le CD&V aussi fautif, selon le Vld

Egbert Lachaert, candidat à la présidence de l'Open Vld, a toutefois déclaré que le PS n'était pas seul responsable de l'échec de la mission confiée à Koen Geens. Le CD&V est aussi fautif dans le sens où il a dès son entame limité le champ d'action de Koen Geens à l'exploration de la piste associant le PS et la N-VA, rejetant les autres options, a estimé Lachaert ce vendredi soir dans De Afspraak (VRT).

"Le CD&V a pris ses responsabilités et tout essayé."
Joachim Coens
Président du CD&V

Egbert Lachaert voit des possibilités dans une coalition Vivaldi, associant socialistes, libéraux, écologistes et le CD&V. "Une note de centre est bien plus acceptable qu'une note Magnette", résume-t-il. Le PS devra quand même prouver qu'il veut avancer en direction de l'Open Vld et du CD&V, s'il veut une coalition, nuance-t-il. Quant à la possibilité de nouvelles élections, elles n'apporteront rien, pense le député fédéral. "Elles n'ont de sens que s'il y a différentes pistes sur la table sur ce que l'on veut pour le pays."

Pour Joachim Coens, président du CD&V, "le CD&V a pris ses responsabilités et tout essayé."

Réactions d'Ecolo et de DéFI

Les présidents des partis Ecolo et DéFI ont toutefois fait part de leur optimisme sur Twitter.

Lundi dernier, le Palais avait annoncé prolonger d'une semaine la mission confiée au vice-Premier ministre. Son prochain rapport était donc attendu le 17 février, lundi prochain, un timing que vient perturber cette annonce d'audience impromptue.

Le 31 janvier, le Roi avait confié à Koens Geens la mission de "prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement de plein exercice". Durant plusieurs mois après les élections de mai dernier, des missions d'information et de préformation, puis, avec Geens désormais, une mission royale sans nom, se sont donc succédées sans permettre un déblocage de la situation, entre un PS qui répète l'incompatibilité de son programme avec les exigences de la N-VA et un CD&V qui refuse d'envisager une "Vivaldi" avec les socialistes, les libéraux et les verts.

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