Koen Geens met fin à la négociation dans les prisons. Et maintenant?

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Les trois syndicats flamands et le syndicat libéral francophone ont avalisé la proposition du ministre de la Justice. Qui met son "protocole" à exécution. La CSC et la FGTB sont furieuses.

Ma porte leur est toujours ouverte et les contacts se poursuivront.
Koen Geens
Ministre de la Justice

Koen Geens ne ferme pas sa porte. "Jamais", assure le ministre de la Justice (CD&V). En attendant, il met tout de même un terme au processus de négociation entamé il y a cinq semaines de cela avec les syndicats – autant de temps que la grève paralyse les prisons bruxelloises et wallonnes, qui protestent contre le processus de "rationalisation" porté par le ministre.

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Les négociations sont terminées. "Je vous annonce que quatre syndicats sur six ont signé le protocole d’accord que je leur ai soumis mercredi dernier", a lâché le ministre lundi en fin de journée. C’est un fait: les trois syndicats flamands et le syndicat libéral francophone ont apposé leur signature en bas du fameux protocole, qui prévoit notamment l’engagement de 480 personnes et l’accélération d’une série de travaux urgents dans les prisons. "Il y a un moment où la négociation prend fin et où il faut appliquer son résultat, argumente le ministre. C’est pourquoi je mettrai immédiatement en œuvre le protocole. Le recrutement d’agents, urgentissime, va démarrer, de même que les travaux. C’est, au, final, bénéfique pour tout le monde et il ne servait plus à rien d’attendre."

"Offre très généreuse"

Dans les établissements frappés par la grève, le gouvernement a décidé de faire appel à une société privée afin de faire livrer trois repas, dont un chaud, par jour. "Cela permettra de soulager un peu la tâche des agents pénitentiaires qui travaillent encore, des policiers, de la protection civile ou encore de la Croix-Rouge. Et de pouvoir dégager un peu de personnel pour le nettoyage des prisons, qui est plus que nécessaire. À part les repas, tout le reste continuera à être assuré par le service public."

D'après l'administration pénitentiaire, des policiers fédéraux restent présents dans près de dix prisons francophones tandis qu'une cinquantaine de militaires sont déployés à Lantin (environ 20), Forest (18), Tournai (8), Namur (5) et Andenne (5).

Et quid du mouvement de grogne, qui risque de perdurer tant que la CSC et la FGTB n’estimeront pas avoir été entendues? "Ma porte leur est toujours ouverte et les contacts se poursuivront. Mais la négociation est terminée. J’attends donc leur retour à la raison, sourit Koen Geens. J’estime leur avoir fait une offre très généreuse."

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Du côté de deux frondeurs restants, l’attitude de Koen Geens passe plutôt mal. "Je suis furieux, tonne Michel Jacobs (FGTB). Je me sens comme Jules César frappé par Brutus. Comment prétendre appliquer un protocole que 94,7% des agents ont rejeté, côté francophone? Pour la suite des événements, je verrai mes troupes ce mardi. Elles sont folles furieuses." La CSC ne le prend pas forcément mieux. "Cela confirme que depuis le début, ce sont les prisons du sud du pays et de Bruxelles qui font grève; et que l’on répond aux besoins des prisons du nord", soupire Laurence Clamar. Qui dénonce la "violence" de l’action du ministre. Et assure: tant que le ministre ne répondra pas aux attentes des gardiens qui protestent depuis 35 jours, la grève ne finira pas.

On le voit: ce n’est pas encore le "retour à la raison" auquel Koen Geens veut croire.

©CREDIT: ID/ Hatim Kaghat

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