Kris Peeters tire la sonnette d'alarme après la hausse des prix

©BELGA

Le ministre de l’Economie exige la lumière sur l’inflation élevée qui touche le pays. Un rapport intermédiaire est attendu avant la fin de l'année.

Le ministre de l’Economie Kris Peeters (CD&V) a demandé à ses services de réaliser une enquête approfondie sur la hausse permanente des prix en Belgique. Les chiffres publiés hier pour le 2e trimestre indiquent une hausse de 1,6%, alors que les pays voisins n’affichent aucune augmentation de prix.

En juillet, la Belgique a même connu une accélération de l’inflation, qui est passée à 2,28%. L’Observatoire des prix souligne que la hausse du coût de l’électricité explique en grande partie cette inflation. Avec la hausse de la TVA de 6 à 21% et la "Taxe Turtel" en Flandre, la facture d’électricité a crû de 286 euros pour un ménage moyen, à plus de 1.000 euros par an. Dans notre pays, le prix de l’électricité affiche une hausse moyenne de 40%, contre 0,7% chez nos voisins.

Mais ce qui inquiète surtout Kris Peeters, c’est la hausse des prix des services, notamment dans les cafés et les restaurants, ainsi que dans le secteur des télécoms. Depuis 31 mois déjà, cette inflation spécifique au secteur des services est supérieure à 2%. "C’est systématiquement plus élevé que dans la zone euro et supérieur à la moyenne de nos trois pays voisins depuis octobre 2011", explique-t-il.

"Le niveau élevé d’inflation réduit le pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des entreprises."
Kris Peeters
ministre de l’Economie

Pour le ministre, cette situation est dangereuse, car elle réduit le pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des entreprises qui doivent augmenter les salaires pour suivre l’inflation. Il a donc demandé au SPF Economie de diligenter une enquête qui sera réalisée en concertation avec la Banque nationale, le Bureau du plan, l’Observatoire des prix et le Conseil de la concurrence. Il veut connaître les raisons pour lesquelles les prix des services augmentent beaucoup plus vite que chez nos voisins. Est-ce la méthode de calcul qui diffère, ou une conséquence des mesures prises par le gouvernement, par exemple l’introduction des "caisses blanches" dans l’horeca, la hausse des accises sur les boissons alcoolisées ou l’introduction de la "taxe soda"? Dans d’autres cas, la hausse se justifie-t-elle par un manque de concurrence? "Comment expliquer par exemple que Telenet ait augmenté ses tarifs d’appel de 60%, et n’ait perdu aucun client?" s’interroge-t-il. Ou encore, un rattrapage serait-il à l’œuvre par rapport aux autres pays? "Le prix d’un verre de bière à l’étranger était-il déjà de 2,5 euros alors qu’ici le prix était plus bas?"

Peeters souhaite une réponse à toutes ces questions dans un rapport intermédiaire attendu pour novembre. Le rapport définitif devrait être prêt au printemps 2017.

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