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"L'ajustement de la loi sur la norme salariale n'est pas sur la table"

Kris Peeters appelle chaque partie à prendre leurs. responsabilités ©BELGA

Charles Michel, Kris Peeters et Maggie De Block tentent de voir syndicats et patrons renouer le dialogue pour les négociations salariales.

Ulcérés par le peu de marge salariale, les syndicats avaient fin janvier claqué la porte des négociations salariales. Face à cette "position rigide", les syndicats avaient par ailleurs annoncé une grève nationale le 13 février.

Aujourd'hui, le Premier ministre Charles Michel, le ministre de l'Emploi Kris Peeters et la ministre des Affaires sociales Maggie De Block tentent d'apaiser les tensions pour voir le dialogue se renouer entre syndicats et patrons. Ils ont ainsi invité chacune des parties ce mardi: les syndicats dans la matinée, les patrons dans l'après-midi.

À l'issue, les premiers espéraient que la loi sur la norme salariale soit adaptée afin que les négociations reprennent et qu'une augmentation de plus de 0,8% des salaires soit possible.

"Quand la loi est mauvaise, on change de loi. Le gouvernement a changé beaucoup de lois durant cette législature; il peut modifier celle-là aussi", lance Robert Vertenueil (FGTB) ©Photo News

Les syndicats estiment en effet une augmentation salariale de 0,8% hors indexation insuffisante pour les deux années à venir. Le patronat répète, lui, qu'il doit s'en tenir à la loi, qui détermine la marge maximale.

Le président de la FGTB, Robert Vertenueil, attend donc concrètement une ouverture de la marge au-delà de 0,8% et dans d'autres dossiers, comme celui des fins de carrière. "Quand la loi est mauvaise, on change de loi. Le gouvernement a changé beaucoup de lois durant cette législature; il peut modifier celle-là aussi."

"Une norme salariale de 0,8% est insuffisante. Le gouvernement doit amender la loi. Si nécessaire, par l'intermédiaire du Parlement. C'est une exigence légitime", a réagi dans le même sens Mario Coppens, président du syndicat libéral. Les chances de voir aboutir les négociations dépendent "des possibilités offertes par le gouvernement et les employeurs", a-t-il ajouté, parlant d'un "grand canyon" entre les positions des syndicats et le patronat.

"La loi actuelle rend la négociation impossible", ajoute Marc Leemans, le président de la CSC.

"Si c'est revenir avec exactement les mêmes propositions qu'il y a quinze jours, alors ce n'est pas négocier évidemment. 'Négocier', ça veut dire faire un pas vers l'autre, et jusqu'à présent les organisations patronales n'ont pas fait de pas vers nous. Ils ont même reculé", estime encore Vertenueil.

"L'ajustement n'est pas sur la table"

Le ministre Peeters semble camper sur ses positions. Il espère que chacun prendra ses responsabilités, y compris les formations syndicales. "L'ajustement de la loi n'est pas sur la table. Nous verrons bien."

Quant à la grève du 13 février, pas de changement vu "les circonstances actuelles. Les insultes que la FEB a lancées à la face des travailleurs hier ne vont certainement pas faire baisser la mobilisation. Je suis extrêmement fâché. Nous avons eu la démonstration que les travailleurs n'ont aucune importance à leurs yeux; ce sont des kleenex que l'on jette quand on n'en a plus besoin et qui ne méritent aucun respect, selon eux", pointe le président de la FGTB.

La Fédération des entreprises de Belgique a présenté lundi son mémorandum. Elle demandait notamment au prochain gouvernement, "idéalement", de supprimer le mécanisme d'indexation automatique des salaires.

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