L'arc-en-ciel avec le CD&V, la seule option au Fédéral?

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Le gouffre entre PS et N-VA est patent. Alors, faut-il enfin tenter l’arc-en-ciel amélioré? Perdre du temps, c’est faire le jeu des indépendantistes. Et prendre des risques. Pour David Clarinval (MR), il faut rester ouvert à toute option pouvant apporter une solution.

Puisque N-VA et PS semblent irréconciliables – leurs échanges à couteaux tirés l’ont encore souligné cette semaine –, la coalition arc-en-ciel, alliant socialistes, écologistes et libéraux, serait-elle la seule piste viable à ce stade des négociations fédérales? Une telle coalition pourrait s’élargir au CD&V, mais pas au cdH. Pas indispensables, les humanistes gonfleraient le poids francophone à l’exécutif et leur arrivée ne serait pas forcément vue d’un bon œil au MR.

"Plus personne ne croit dans l’intention de Bart De Wever" de se mouiller, indique-t-on dans les rangs libéraux francophones. Avant de rappeler ce que Paul Magnette a qualifié, jeudi soir de, "provocations" et d’"injures", à savoir la sortie du président de la N-VA à son sujet, critiquant "le goût de sa bouillie arc-en-ciel" pour laquelle "il faudra beaucoup de dentifrice flamand pour se laver la bouche". "Ce n’est pas un discours rassembleur, tranche un observateur. Pourtant, tout le monde semble dire que la note de Magnette est une bonne base. Alors discutable, oui, mais c’est la seule qui tient la route jusqu’ici." Et d’appeler à l’action. Ou du moins, à se parler.

La N-VA joue la montre

Ce qui se joue aussi, c’est une victoire des nationalistes flamands. Leur président, Bart De Wever, fait entendre sa voix "de peur d’une OPA sur le parti par Theo Francken", cingle un francophone. En tiraillant tout le monde, en n’étant pas clair sur ses intentions, le parti joue la montre – et peut moquer un État devenu ingérable.

Chronique | Les maîtres du temps

Il faut dire que le temps a de quoi accroître la pression sur certaines formations. Notamment au sein de la famille libérale. Du côté de l’Open Vld, l’élection interne qui s’annonce en mars prochain pourrait paralyser le parti dès janvier-février, afin d’éviter tout désaveu malencontreux de la base pour la présidente Gwendolyn Rutten. Un report de trois mois est possible mais quand même, le danger est là. En témoigne l’épisode de dissensions observé ces dernières semaines, voyant s’affronter les anti-arc-en-ciel et les pro-arc-en-ciel, ces derniers étant portés par l’ambition de la patronne du Vld pour le 16 rue de la Loi. Du côté du MR, ce sont les vœux, prévus du 12 au 17 janvier, qui risquent de peser sur la liberté de mouvement du président Georges-Louis Bouchez.

Accélération prochaine?

C’est pourquoi certains disent aujourd’hui attendre de possibles avancées rapides. Peut-être même d’ici début janvier, avec désignation d’un formateur le 6 ou le 7. Après tout, la feuille de route du gouvernement flamand ayant été récemment avalisée, Open Vld et CD&V pourraient se sentir plus libres désormais. D’autant que du côté des démocrates-chrétiens, le président a accepté d’être nommé informateur, aux côtés de Bouchez. Le signe d’une ouverture? Après tout, pour éviter de froisser Rutten et De Croo, le poste de Premier ministre pourrait bien revenir à Koen Geens, "qui ne rêve que de ça" selon une source.

Les derniers sondages viennent renforcer l’urgence. Selon eux, s’il fallait retourner aux urnes, la claque pourrait faire mal aux partis traditionnels. 

David Clarinval (MR): La responsabilité première est de réunir PS et NV-A autour de la table

"La priorité, aujourd'hui, est de donner au pays un gouvernement de plein exercice. Dans ce cadre, la responsabilité première est de réunir le PS et la NV-A autour de la table des informateurs pour comprendre ce qui n'a jusqu'ici pas permis aux deux plus grands partis de s'engager dans la voie d'une solution", précise samedi le ministre du Budget, David Clarinval, alors que les contacts avec les informateurs doivent se poursuivre ce week-end.

Dans une interview accordée à La Libre Belgique, ce dernier avait auparavant affirmé que pour la formation d'un gouvernement fédéral, "ce sera l'arc-en-ciel avec le CD&V ou de nouvelles élections". "Je veux rappeler qu'il y a une multitude de coalitions possibles même si certaines ont été jusqu'ici plus étudiée que d'autres. Il faut rester ouvert à toute option pouvant apporter une solution", nuance-t-il désormais en assurant que "les élections seraient une hypothèse de renoncement et un risque très important de déboucher sur une impasse".  "L'important pour le MR, c'est le projet de fond et nous ne nous enfermons pas dans une formule préétablie. Il faut des acquis forts sur le pouvoir d'achat, progresser fortement en matière de développement durable et assurer le respect de l'autorité de l'Etat", conclut-il.

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