analyse

L'arme du vaccin contre le Covid-19 est dégainée

©BELGA

On y est. L'arme "vaccin" contre le Covid-19 a commencé à tirer ses premières balles. Les résidents de trois maisons de repos du pays ont reçu leur première dose. La course à l'éradication du virus est lancée.

Le 28 décembre 2020 restera comme une date gravée dans les mémoires. Ces termes, ils sont du ministre de la Santé Franck Vandenbroucke. Ils marquent le lancement du grand programme de vaccination contre le Sars-CoV-2.

Il est évidemment bien trop tôt pour parler de sortie de crise, mais la porte est désormais entrouverte. Les premières injections du vaccin de Pfizer/BioNTech ont été effectuées lundi matin aux résidents de trois maisons de repos du pays: une en Flandre (Saint-Pierre à Saint-Amand, près de Puurs), une en Wallonie (La Bonne Maison de Bouzanton, à Mons) et une à Bruxelles (Notre-Dame de Stockel). Une première phase de test, qui sera encore répétée ce mardi, avant le véritable lancement du programme le 5 janvier prochain.

Cette première phase concerne 9.000 doses du produit miracle. Le calendrier pour la suite des opérations est en phase de finalisation et devrait être dévoilé prochainement. On en connaît déjà les grandes lignes. Les publics les plus fragiles bénéficieront en priorité du vaccin, et ce sur base volontaire. Il s’agit des résidents des maisons de repos, ainsi que de leurs soignants, soit 150.000 personnes âgées et 60 à 80.000 travailleurs. Ces derniers seront divisés en deux groupes afin d’éviter de déforcer les équipes en cas d’apparitions de symptômes grippaux (un classique des effets secondaires inoffensifs).  

Trois phases de vaccination

Fin janvier, une fois que tout ce petit monde aura reçu les deux doses préconisées, on passera à l’étape supérieure, avec la vaccination des résidents et du personnel des autres institutions de soins, les hôpitaux, les soignants de première ligne (médecins, kinés, infirmières à domiciles, aides familiales, etc.) ainsi que les autres employés des structures de soins.

Fin février/début mars, suivant l’arrivée sur le marché des autres vaccins, la deuxième grande phase du processus concernera les personnes à risque dans l’ensemble de la population (plus de 65 ans, malades chroniques, etc.), ainsi que toutes les personnes occupant des fonctions clés dans la société. La liste n’est pas encore arrêtée, mais on pense à des professions comme enseignants, policiers…

Et monsieur Tout-le-Monde? Si le processus suit son cours, tout un chacun pourra ensuite se faire vacciner (toujours sur base volontaire) durant l’été. A ce stade, il est impossible de fixer des dates précises, étant donné que le planning de la mise à disponibilité des vaccins encore en phase de test n’est pas encore connu.

Cinq firmes dans le panel

De combien de vaccins dispose-t-on actuellement? Au total, la Belgique attend près de 23 millions de vaccins. Pfizer/BioNTech doit fournir 5 millions de doses.

23
millions
Au total, la Belgique devrait obtenir 23 millions de doses de vaccin provenant de cinq firmes pharmaceutiques différentes.

A côté de cela, la Belgique a également commandé 7,5 millions de doses du vaccin produit par AstraZeneca/Oxford. On attend également 2 millions de doses du vaccin Moderna, 5 millions de doses de Janssen (Johnson&Johnson) et 2,9 millions de doses de CureVac. Mais pour ces produits, les autorisations de mise sur le marché par les autorités européennes et l'AFMPS sont encore attendues. Pour Moderna, cette autorisation devrait tomber début janvier.

Et si l'on n'injectait qu'une seule dose?

Alors que d’autres pays, hors Europe, ont déjà avancé à grands pas dans leur programme de vaccination, certains experts plaident aujourd’hui pour que l’on accélère le mouvement en tordant légèrement le cou au programme prévu. En toile de fond, l’inquiétude suscitée par la mutation du Sar-COV-2 en Grande-Bretagne. Ne faudrait-il pas administrer une seule dose à un maximum de gens le plus rapidement possible, en retardant la deuxième injection? Pour le porte-parole interfédéral Covid-19, Yves Van Laethem, cette idée comporte de gros risques à la fois éthiques (on ne connaît pas l’impact d’un schéma à une seule dose chez les personnes âgées) et légaux (les autorités de régulation ont approuvé la mise sur le marché du vaccin sur base d’une injection en deux doses).

"J’ai demandé à la task-force en charge de la stratégie de vaccination d’étudier cela sur le plan médical."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

Frank Vandenbroucke  reste également réservé sur la question, signalant qu’il n’y avait aucun consensus scientifique. "J’ai demandé à la task-force en charge de la stratégie de vaccination d’étudier cela sur le plan médical, a-t-il déclaré lundi. Le ministre a également chargé l’AFMPS d’étudier la question sur le plan juridique, pour ne pas se mettre en porte-à-faux par rapport aux autorités européennes. Si l’analyse juridique pourrait se faire assez rapidement, il n’en sera vraisemblablement pas de même du côté médical.

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