L'eBox parviendra-t-elle à décoller, cette fois?

©VADIM SHERBAKOV

Le gouvernement fédéral lance ce jeudi une campagne de communication visant à inciter les citoyens à activer leur eBox. Et à lier cette boîte aux lettres numérique officielle à leur adresse mail, afin d’être averti quand un nouveau document déboule. La question est: l’heure de l’eBox est-elle enfin venue? Parce que les précédentes annonces ou tentatives n’ont pas brillé par leur succès.

Ce n’est pas, à proprement parler, ce que l’on peut appeler des débuts fulgurants. L’eBox, cette boîte électronique sécurisée permettant à chaque citoyen de recevoir des documents officiels, vivote depuis environ six ans.

Avec quelques pics de réanimation. Fin 2014, alors que seules les administrations liées à la sécurité sociale en font l’usage – du moins, à destination des quelque 100.000 Belges ayant activé l’outil –, voilà que l’on promet une accélération. L’avertissement-extrait de rôle (AER) est annoncé pour 2015; mais, à notre connaissance, n’est jamais arrivé. Davantage estampillé "virage numérique", le couplage avec Doccle, cette plateforme privée ambitionnant devenir "l’armoire digitale" de tous les Belges, est lui aussi présenté comme imminent. Et puis l’eBox retombe dans une certaine léthargie.

Pour être à nouveau secouée en avril 2017 par le ministre en charge de l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open VLD). Qui assure que, d’ici la fin de l’année, l’eBox, déjà activée par environ 330.000 personnes, gagnera enfin ses galons de véritable boîte aux lettres numérique – et il est à nouveau question de Doccle.

Et puis? Rien, ou pas grand-chose. Cela devrait changer à partir de ce jeudi, espère-t-on chez Alexandre De Croo. Qui lance dès ce jour, pouvait-on lire dans "Le Soir" de mercredi, une campagne d’information à destination du citoyen. Afin que celui-ci l’active enfin, son eBox, mais surtout, la lie avec son adresse de messagerie électronique, histoire d’être averti par mail lorsqu’un nouveau document déboule dans cette fameuse eBox.

C’est qu’il reste de la marge: en juin dernier, on comptabilisait 472.742 boîtes activées, pour un total de 32,86 millions de documents envoyés.

Le timing de la campagne n’est pas innocent. Déjà, la campagne électorale bat son plein. Surtout, l’administration des Finances devrait rejoindre le navire – enfin, cela tient plus du kayak jusqu’à présent – eBox d’ici la fin de l’année ou le début du cru 2019. Même combat pour les Pensions, même si les informations relatives aux pensions complémentaires se sont déjà invitées dans l’eBox depuis 2016, au risque de s’y sentir un brin esseulées.

Doccle, un jour peut-être

Afin de tout savoir sur l’eBox, le citoyen novice est appelé à se rendre sur le site www.passezaudigital.be – on lui souhaite que les plantages à répétition rencontrés hier lors la connexion à l’eBox soient de l’histoire ancienne.

Les administrations fédérales ne seront pas les seules à faire usage de cet outil digital, fait-on savoir chez Alexander De Croo. "Un tiers des communes bruxelloises ont déjà pris la décision d’utiliser l’eBox, se réjouit son cabinet. La Région flamande a également donné son feu vert."

Le privé sera, lui aussi, de la partie. L’application Itsme a déjà franchi le pas, rejoignant les moyens d’identification permettant de se connecter à la boîte. L’arrivée de Doccle est imminente, paraît-il – espérons que la troisième annonce soit la bonne. UnifiedPost, Trusto ou encore bpost bank: les services proposés et les collaborations sont censés se multiplier avec le temps. À l’instar de ce qui s’est fait avec Itsme, qui ouvre de plus en plus de portes, après des débuts plutôt limités. Un processus évolutif, en quelque sorte.

"Au cours des prochains mois, nous déploierons progressivement l’eBox, vante le ministre. Pour les citoyens, cela signifie moins de paperasse, de perte de temps et de tracas. Et surtout, une facilité d’utilisation nettement plus grande."

À condition que la sauce prenne, cette fois.

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