L'enveloppe bien-être, dernière cartouche de Dermagne?

Le kern a avalisé lundi soir une note du ministre Dermagne fixant des échéances distinctes aux partenaires sociaux pour une répartition de l'enveloppe bien-être et un accord sur les salaires. ©BELGA

Le gouvernement réclame un accord des interlocuteurs sociaux sur les salaires d'ici le 1er mai. Avant cela, il leur enjoint de s'entendre sur l'enveloppe bien-être pour lundi prochain.

Une petite semaine... Voici l'ultime délai que la Vivaldi a décidé d’accorder aux interlocuteurs sociaux pour s'entendre sur l'affectation de l'enveloppe bien-être. Faute de consensus d’ici le 19 avril, une répartition élaborée par le pouvoir politique s'appliquera, a-t-on appris à bonnes sources.

1
Milliard d'euros
L'enveloppe bien-être contient un budget d'environ 1 milliard pour rehausser certaines allocations au cours des deux prochaines années.

En séparant la discussion sur cet épineux dossier de celle sur l’accord interprofessionnel (AIP 2021-2022), le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) espère relancer un véritable dialogue entre patrons et syndicats. Mission accomplie? Il est encore tôt pour le dire... Du côté des représentants des travailleurs, l'initiative entérinée par le kern (comité des ministres restreint) semble toutefois appréciée. Alors que l'idée de planifier de nouvelles actions germait dans l'esprit de certains, il n'en sera finalement rien... Du moins pas pour le moment.

Sur le banc patronal par contre, l'action gouvernementale génèrerait un certain agacement. Depuis de nombreuses années, les employeurs insistaient pour que les discussions sur l'enveloppe bien-être et celles sur l'AIP soient systématiquement abordées de concert. Se refusant à tout commentaire, les représentants patronaux ont prévu de se réunir mardi soir pour analyser ces derniers développements.

Augmenter les allocations

Rappelons-le, l'enveloppe bien-être contient un budget qui permet théoriquement aux interlocuteurs sociaux, après validation par le gouvernement, d’augmenter certaines allocations au-delà de l’indexation: chômage, pensions, indemnités de maladie et d’invalidité ou encore indemnités en cas d’accident du travail. À la grosse louche, on parle de plus d'un milliard d'euros à répartir pour 2021 et 2022.

En vertu de la loi, patrons et syndicats auraient dû fournir un avis à l'exécutif sur le sujet pour le 15 septembre. Or sept mois plus tard, il n'en est toujours rien. Une situation que dénoncent les représentants des travailleurs en accusant les employeurs de bloquer ce dossier pour s'en servir comme levier lors de la négociation de l’accord interprofessionnel. Des accusations réfutées par le patronat.

Une marge impérative de 0,4%

Quoi qu'il en soit, les syndicats ont fait d'une avancée sur l'enveloppe bien-être un préalable à une poursuite des discussions sur l'AIP. En faisant avaliser une note en ce sens lundi soir en kern, le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) répond visiblement à cette demande.

0,4%
Norme salariale
Le plafond d'augmentation des salaires pour les deux prochaines années sera de 0,4%. Le kern a confirmé que cette norme serait bien impérative.

Dans ce même document, il précise cependant que la norme salariale de 0,4% pour les deux prochaines années restera bien impérative, offrant de la sorte un gage au patronat pour les négociations salariales qui suivront. D'après nos informations, celles-ci pourraient reprendre dès le 20 avril, soit au lendemain du délai pour qu'un accord soit trouvé sur l'enveloppe bien-être. Afin d'éviter un énième embourbement des pourparlers, le gouvernement somme toutefois les interlocuteurs sociaux à s'entendre pour le 1er mai.

La norme de 0,4% étant fixée, patrons et syndicat devraient principalement discuter de mesures permettant d'accorder des augmentations supérieures dans les entreprises en bonne santé. Leurs options pour y parvenir sont connues: primes uniques, chèques repas... À côté de cette question salariale, ils pourraient aborder d'autres points, à l'instar de la revalorisation du salaire minimum ou des régimes de fins de carrière.

Pas de doute, la Vivaldi a décidé de passer à la vitesse supérieure pour sortir la concertation sociale de l'impasse. Sera-ce suffisant pour faire bouger les membres du Groupe des 10? La réponse ne devrait plus se faire attendre longtemps...

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