"L'essor des soins numériques semble inéluctable"

Les consultations à distance peuvent constituer un complément utile à celles en face à face. ©© Oliver Eltinger/Corbis

Une consultation médicale face à un ordinateur ou un smartphone, cela pourrait devenir banal. Les soins numériques ont plus que jamais le vent en poupe et il convient de les encourager, estime le Centré fédéral d'expertise des soins de santé (KCE).

Le développement des téléconsultations médicales, voilà peut-être l'un des rares éléments positifs de la crise sanitaire. Qu'elles se fassent par téléphone ou en vidéo, ces consultations se sont multipliées lors des derniers mois. Alors que cela semblait encore impensable il y a peu, la crise a conduit à leur autorisation, mais aussi leur remboursement. Le KCE est formel: l'essor des soins numériques est désormais inéluctable, "tant ils paraissent prometteurs pour rendre les soins plus accessibles et contribuer à leur amélioration".

Complément

Dans une étude publiée ce mercredi, le centre fédéral appelle clairement à mettre à profit la dynamique actuelle pour encourager les consultations à distance. Attention, celles-ci doivent être vues comme un "complément utile" à celle en face à face, mais pas les remplacer, insiste-t-il.

"Les soins à distance soulèvent de nombreuses questions concernant leur sécurité."
Centre fédéral d'expertise des soins de santé

Malgré de nombreuses recherches déjà effectuées, il n’existe pour l'heure aucune preuve formelle que les vidéoconsultations sont équivalentes ou meilleures que les consultations en face à face. Mais, rien ne prouve non plus qu’elles puissent avoir un impact négatif sur la santé des patients, qui pour leur part s’en montrent globalement satisfaits.

Dans ces conditions, le KCE recommande de développer une politique de remboursement des vidéoconsultations, et des soins numériques dans leur ensemble. Il faudra la mettre en œuvre "étape par étape et de manière réfléchie", car les "soins à distance soulèvent également de nombreuses questions concernant leur sécurité, le respect de la vie privée, le remboursement du prestataire de soins, les responsabilités et les assurances".

Consentement éclairé

Les associations de professionnels et les patients sont les plus à même de déterminer les cas pour lesquels les consultations à distance peuvent être utiles et à quelles conditions, estime le KCE. Ce dernier insiste: le recours aux soins numériques ne peut avoir lieu sans "consentement éclairé du patient".

Alors qu'une pléthore d'applications de vidéoconsultations a vu le jour, le centre souligne enfin l'importance de veiller à leur conformité avec les exigences légales. Pour ce faire, il juge souhaitable qu’un organisme officiel indépendant les évalue de manière transparente et publie une liste de celles qui satisfont à toutes ces conditions, soit "au minimum, être conformes à la législation sur la protection de la vie privée, être compatibles avec le système belge eHealth et pouvoir s'inscrire dans le portail de santé personnel des patients".

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