L'État compte lever 37 milliards d'euros en 2013

Le gouvernement Di Rupo peut compter sur le coup de pouce des taux dans ses efforts d'assainissement. Photo News ©Photo News

Les obligations linéaires (OLO) vont fournir le gros du financement de l’État. Les bons d’État ne devraient quant à eux rapporter que 500 millions d’euros. Le Trésor belge envisage de recourir en 2013 à des obligations liées à l’inflation.

Le Trésor s’attend à ce que ses besoins bruts de financement pour 2013 s’élèvent à 39,99 milliards d’euros, soit 3,40 milliards de moins que ses estimations de besoins de financement pour 2012 (43,39 milliards), qui ont augmenté à la suite du préfinancement des échéances de 2013 et de la recapitalisation attendue de Dexia.
Pour ce faire, l’Agence de la Dette a l’intention d’émettre pour 37 milliards d’euros d’OLO l’an prochain, soit 6 milliards de moins qu’en 2012 (42,95 milliards d’euros).

Les bons d’État n’ont plus la cote
Les bons d’État, en revanche, ne devraient collecter que 500 millions d’euros l’an prochain, prévoit l’Agence de la Dette, dont la dernière émission en date, aux taux d’intérêt particulièrement bas (1% pour l’échéance à 5 ans et 1,80% pour l’échéance à 8 ans), n’avait rapporté que 14,4 millions d’euros. Une aumône.
Pour rappel, lorsque les taux belges s’étaient envolés à près de 6% en novembre 2011, l’Agence de la Dette avait, à l’appel du Premier ministre Yves Leterme notamment, pu lever 5 milliards d’euros auprès des particuliers. Les taux offerts étaient il est vrai de 4%, nettement plus intéressants par rapport aux taux en vigueur sur le marché de l’épargne.

Lundi, le taux de référence belge est tombé à un plus bas historique, à 2,06%, non loin du plancher enfoncé quelques jours plus tôt par l’État français, passé sous les 2%.

Le vieillissement n’est pas oublié
En outre, un montant de 1,51 milliard d’euros sera émis via différents instruments pour alimenter le Fonds de vieillissement.
Les remboursements des dettes à moyen et long termes devraient s’élever à 26,75 milliards d’euros. Le Trésor a également l’intention de racheter les obligations arrivant à échéance en 2014 pour 4,22 milliards d’euros.

En ce qui concerne le financement à court terme, la dette nette à court terme devrait diminuer de 5,05 milliards d’euros en 2012, et de 2,02 milliards d’euros en 2013, précise l’Agence de la Dette.

Le volume des certificats de Trésorerie, qui s’élevait à 35,10 milliards d’euros à fin 2011, devrait se monter à 31,80 milliards d’euros à fin 2012 et à 30,80 milliards d’euros à fin 2013.

Des obligations indexées cette année?
Comme les années précédentes, l’Agence de la dette envisage par ailleurs la possibilité d’émettre des obligations liées à l’inflation (dont le coupon suit l’évolution de l’inflation).

"Il y a une forte demande de la part des investisseurs pour ce type de produits, notamment de la part des fonds de pension", explique Jean Deboutte, responsable de la stratégie auprès de l’Agence de la dette. Mais il faut un cadre légal instituant ce type d’obligations. Ce cadre pourrait bien être arrêté l’année prochaine".
Précision importante: si le coupon de ce type de placement suit l’évolution de l’inflation, l’Etat belge se financerait à taux fixe. Un "swap" devrait en effet couvrir le risque d’inflation.

Les premières obligations indexées seraient émises sous le programme "EMTN" (un programme d’émission de dette modulable) et seraient donc destinées aux investisseurs institutionnels.
Mais l’Agence de la Dette pourrait imaginer, à terme du moins, l’émission de bons d’État indexés à l’inflation.

→ L’agence ne lancera ce type de financement que s’il lui coûte moins que l’émission d’OLO traditionnelles, précise encore Jean Deboutte.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés