L'Etat fédéral envisage de céder ses parts dans Ethias

Selon nos informations, l’État a mandaté un intermédiaire en vue de sonder l’intérêt de plusieurs candidats potentiels. Ageas et Belfius n’en font pas partie. ©BELGA

Le gouvernement fédéral envisage de vendre sa participation (31,66%) dans l’assureur Ethias, comme l’a appris notre rédaction. Des candidats potentiels ont déjà été contactés. Les réactions ne se sont pas faites attendre.

Depuis la crise financière de 2008, Ethias est aux mains des pouvoirs publics: l’État fédéral, mais aussi les régions flamande et wallonne ainsi qu’Ethiasco où siègent principalement des collectivités locales.

Les pouvoirs publics sont venus à la rescousse d’Ethias lorsqu’il est apparu que les comptes First – des assurances-épargne garantissant à vie aux clients un rendement annuel moyen de 3,4% – allaient plonger l’assureur dans de graves difficultés financières. L’État et les deux entités fédérées ont ainsi injecté chacun 500 millions d’euros dans le capital l’assureur en échange de 75% de ses actions. Après la fusion intervenue entre Ethias et son holding de contrôle Vitrufin en 2019, leur participation a grimpé au total à 95%.

Maintenant que l’assureur se porte mieux sur le plan opérationnel – et que la bombe First a été désamorcée à la faveur de plusieurs d’actions de rachat et de la vente d’une partie du portefeuille –, le gouvernement fédéral examine les différentes options pour sa participation. L’ensemble du processus est encore dans sa phase préliminaire.

Candidats potentiels

Selon nos informations, l’État a mandaté un intermédiaire en vue de sonder l’intérêt de plusieurs candidats potentiels, dont Ageas et Belfius . Ces dernières années, les deux groupes financiers n’ont pas caché leur intérêt pour leur concurrent. Ethias a des liens historiques avec Belfius, l’ancienne Dexia Banque: l’assureur a été durant des années un des actionnaires de référence de sa maison-mère Dexia. Les deux institutions sont connues pour avoir été respectivement l’assureur et la banque des collectivités locales.

Des observateurs estiment la valeur de l’assureur assaini à un montant compris entre 2,5 et 3 milliards d’euros. Autrement dit, les parts de l’État fédéral pourraient valoir de 800 millions à 1 milliard d’euros.

Mais quelle sera l’attitude des régions flamande et wallonne? Et comment le PS et Ecolo – deux partenaires de la coalition fédérale qui sont partisans d’une présence des pouvoirs publics dans le secteur financier – voient-ils cette cession éventuelle? Pour l’heure, ces questions restent ouvertes. Dans l’accord gouvernemental au Fédéral, Ethias n’est pas mentionné explicitement.

Les réflexions sur Ethias menées au Fédéral ont en tout cas percolé jusqu’au nord du pays. Ces derniers jours, des contacts ont eu lieu entre Ethias et le gouvernement flamand, comme l’a appris notre rédaction. Mais le dossier n’est pas encore arrivé jusqu’à la table du gouvernement flamand. «Mais tout peut changer à tout moment», selon une source.

La place de la Flandre

Le gouvernement Jambon n’a donc pas encore pris position sur la question. Il attend de connaître ce qui sortira des délibérations au Fédéral. «Nous savons qu’il existe un intérêt dans le marché, mais le paquet d’actions à vendre doit être suffisamment grand pour en obtenir le meilleur prix. Et recevoir un bon prix sera la condition sine qua non», assure une source du gouvernement flamand.

Mais il nous revient de la place des Martyrs d’autres sons de cloche: certains préfèrent conserver cette participation.

Avec une part de marché de 9%, Ethias est le troisième assureur du pays. En 2019, la compagnie a encaissé 2,67 milliards d’euros de primes (-1%) dont 1,42 milliard en non vie. Le bénéfice net s’est élevé à 190 millions euros (+12%). Au premier semestre de 2020, l’assureur a dégagé plus de bénéfice opérationnel, la sinistralité (auto et accidents du travail) ayant diminué en raison des mesures de confinement.

"Une fin de non-recevoir"

"En tant que socialiste, je considère qu'il est très important que l'État reste un acteur performant dans le secteur bancaire et assurantiel."
Pierre-Yves Dermagne
Vice-Premier ministre PS

Cette annonce n'a pas fait que des heureux, les uns après les autres les ministres francophones se sont opposés à cette éventualité.
Le ministre des Finances et vice-Premier CD&V Vincent Van Peteghem se montrait lui plus nuancé et ajoutait qu'il fallait observer le marché.

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