L'Etat va faire 731 millions d'économies dans les pensions

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Le Bureau du plan a réalisé les projections budgétaires liées à la réforme harmonisant la possibilité de racheter ses années d'étude pour augmenter le niveau de sa pension. Elle baissera de 0,1% du PIB le coût du vieillissement à l'horizon 2060, soit une économie de 731 millions d'euros.

On savait déjà comment le système marcherait, on ne savait pas encore combien cette réforme rapporterait à l'Etat. C'est à présent chose faite. Le commissaire au Plan, Philippe Donnay, a levé le voile sur l'impact budgétaire lié à l'un des volets de la réforme des pensions (celui permettant à tous de racheter ses années d'étude pour améliorer le calcul de sa pension).

Résultat? À terme, à l'horizon 2060, cette réforme permettra d'économiser 731 millions d'euros dans le régime des pensions, soit 0,1% du coût budgétaire lié au vieillissement.  Les réformes précédentes avaient déjà permis une réduction de 1,9% du PIB de la croissance des dépenses liées au vieillissement. On en sera donc à 2%. Mais attention, ce montant reste à prendre avec des pincettes. Il ne tient pas compte de l'impact fiscal de la réforme (le rachat des années d'étude sera déductible fiscalement).

731 millions €
Cette réforme permettra d'économiser 731 millions d'euros dans le régime des pensions d'ici 2060.

C'est surtout du côté des fonctionnaires que se fera l'économie (706 millions d'euros). Logique: jusqu'à présent, la fonction publique bénéficiait de cet avantage sans que cela coûte un euro aux bénéficiaires. La comptabilisation des années d'étude dans ce régime était simplement... automatique et gratuite. A partir de 2017, les fonctionnaires devront aussi payer, comme les autres travailleurs. Le Bureau du Plan table sur le fait que beaucoup de fonctionnaires n'opteront pas pour ce rachat, simplement parce que dans beaucoup de cas il ne sera pas nécessaire pour décrocher une pension complète.

A partir de 2017 en effet, le système est harmonisé entre les trois régimes. Les salariés et les indépendants devaient, de leur côté, payer un montant  s'ils souhaitaient que leurs années d'études soient prises en compte (1.415 euros pour les salariés, un montant variable suivant leur situation pour les indépendants).

Dorénavant, ce sera même tarif pour tout le monde (excepté lors d'une période transitoire de trois ans). A partir de 2020, salariés, indépendants et fonctionnaires devront donc payer 1.500 euros pour chaque année qu'ils veulent régulariser. 

Cela leur permettra d'augmenter le montant de leur pension de 267 euros à 392 euros (au taux isolé). Chez les fonctionnaires, ils auront 1/60e du traitement de référence.

"Chaque année supplémentaire travaillée ne pèse plus sur le budget des pensions. C'est la meilleure économie budgétaire qu'on puisse faire."
Daniel Bacquelaine
Ministre des pensions

"Nos réformes, malgré qu'elles soient positives pour le budget de l'Etat, ne conduisent pas à une réduction des montants de pension", insiste le ministre des pensions Daniel Bacquelaine.

Tout le monde, Etat comme travailleurs, serait donc gagnant? Par quel coup de baguette magique? Bacquelaine nuance: "ceux qui décideront de racheter leurs années d'étude, ou qui ne le feront pas, mais travailleront plus longtemps pour compenser, verront en effet leur montant de pension augmenter, explique en substance le ministre. Mais si on ne fait ni l'un ni l'autre, oui, la pension sera plus faible. C'est une question de libre choix de la part du citoyen..."

Daniel Bacquelaine insiste, et rappelle la philosophie même de la réforme des pensions. "Le but poursuivi, ne l'oublions pas, est de prolonger la carrière. Si on continue de partir à la pension à 60 ans comme aujourd'hui, on court à la catastrophe. Chaque année supplémentaire travaillée ne pèse plus sur le budget des pensions. C'est la meilleure économie budgétaire qu'on puisse faire. Donc, oui, ça doit être vu comme un incitant à travailler plus longtemps, il ne faut pas se leurrer."

Le Bureau du plan table sur le fait que 58.600 salariés opteront pour ce système d'ici 2020, contre 23.500 fonctionnaires et 15.600 indépendants, soit près de 100.000 travailleurs.

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