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L'heure de vérité pour la concertation sociale

Des centrales de la CSC et de la FGTB ont prévu de mener des actions vendredi devant la FEB, où le Groupe des Dix négocie. ©BELGA

Les interlocuteurs sociaux multiplient les réunions pour tenter de décrocher un accord sur quatre thèmes d'ici lundi. C'est toutefois loin d'être gagné...

Y aura-t-il un accord interprofessionnel (AIP) pour 2021-2022 ? La réponse ne devrait plus se faire attendre longtemps. Après s'être réunis quelques heures jeudi pour "parler chiffres", patrons et syndicats poursuivront leurs pourparlers ce vendredi et lundi. "Le 7 juin constitue la nouvelle date-butoir", nous glisse-t-on.

Pour rappel, le menu des discussions au Groupe des Dix (G10) comporte quatre thèmes: la revalorisation du salaire minimum, les conditions des fins de carrière, les heures supplémentaires et enfin l'harmonisation entre ouvriers et employés du deuxième pilier de pension.

Le vif du sujet

58
Ans
La FGTB souhaite abaisser l'âge d'accès aux prépensions à 58 ans.

Selon plusieurs de nos interlocuteurs, il resterait toutefois beaucoup de travail pour parvenir à un accord. "Nous disposons seulement depuis peu de toutes les données chiffrées nécessaires pour prendre des décisions. Il faut que nous évaluions les conséquences à court, moyen et long terme des choix que nous pourrions poser. En fait, nous entrons seulement dans le vif du sujet", résume une source syndicale. Si cette dernière estime que "l'échec des négociations est la moins probable des options", tous ne partagent pas cet optimisme. Bien au contraire...

Dans les rangs patronaux, on n'a visiblement pas digéré la sortie médiatique de la FGTB samedi dernier, laquelle avait exigé des progrès tangibles sur le salaire minimum et un abaissement à 58 ans de l'âge d'accès aux prépensions. "On peut s'interroger sur les motifs qui ont conduit le syndicat à rendre public le contenu des débats. Ne résiste-t-il plus à sa pression interne? En tout cas, ce n'est pas de très bon augure", lâche un employeur.

"On peut s'interroger sur les motifs qui ont conduit la FGTB à rendre public le contenu des débats. Ne résiste-t-elle plus à sa pression interne?"
Un membre du banc patronal

Les nouvelles actions annoncées pour ce vendredi par des centrales de la CSC et la FGTB, notamment devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), n'apaiseront probablement pas les esprits. "On fera tout pour parvenir à un accord, mais il faudra que les uns et les autres ne campent pas sur leurs positions extrêmes, sans quoi un clash deviendra inévitable", insiste un négociateur.

Problème politique

Pour le gouvernement, un échec des partenaires sociaux constituerait une nouvelle tuile. Bien que les partis de la Vivaldi soient parvenus à s'entendre pour fixer la norme salariale, cette décision n'a pas encore été bétonnée dans un arrêté royal. Or, sans avancées sur le salaire minimum du côté du G10, les socialistes pourraient rechigner à marquer leur accord sur une norme à 0,4% et les fameuses primes corona. Autrement dit, le conflit social pourrait atterrir sur la table de l'exécutif.

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