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L'heure est à la mobilisation générale, pas aux petits jeux politiciens

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L'édito d'Alain Narinx, chef du service politique.

La crise sanitaire et économique provoquée par le coronavirus appelle à une gestion la plus efficace possible. L’heure est grave. Elle est à la mobilisation générale. À la prise de responsabilités. Pas aux petits jeux politiciens. Pas aux discussions institutionnelles. Pas aux pertes de temps. Priorité à l’efficacité !

Dans ce contexte, l’option défendue par le PS, le MR et Ecolo/Groen, rejoints ensuite par Défi, le cdH et l’Open VLD, de maintenir le gouvernement en affaires courantes dirigé par Sophie Wilmès et de le soutenir depuis le Parlement est le meilleur choix.

Bart De Wever nous a prouvé, une fois encore, qu’il n’est pas un homme d’État.

Le refus de la N-VA démontre que ce parti n’a pas pris la mesure de la situation. En remettant sur la table l’institutionnel et en quémandant le poste de Premier ministre, quelques jours après avoir freiné des quatre fers les mesures d’urgence pour lutter contre la pandémie, Bart De Wever nous a prouvé, une fois encore, qu’il n’est pas un homme d’État.

Un très opportuniste gouvernement d’urgence n’aurait eu aucun sens. On ne change pas de capitaine en pleine tempête. Modifier des cabinets ministériels en pleine crise sanitaire n’est pas pertinent. Le maintien de la Première ministre apparaît d’autant plus judicieux qu’elle a endossé l’habit après des débuts hésitants. Un soutien parlementaire élargi lui confère aussi une plus grande légitimité démocratique, ce qui lui faisait défaut jusqu’ici.

Ce week-end risque de renforcer encore la fracture politique dans ce pays.

L’ampleur de la tâche est titanesque pour le gouvernement. Aujourd’hui. Demain. Pendant des mois encore. Il va bien sûr devoir gérer l’urgence de santé publique, un lockdown inédit que certains irresponsables cherchent malgré tout à contourner, mais aussi une crise économique majeure, sans doute pire que celle de 2008. Il va falloir se mobiliser pour aider les citoyens et les petites et grandes entreprises de ce pays, dans un contexte où nos finances publiques étaient déjà, avant le choc du coronavirus, en piteux état.

Le choix de Paul Magnette est courageux. Mais ce soutien PS/Ecolo doit être un engagement durable aux actes et à l'union dans toutes les facettes de cette crise, pas seulement dans ses aspects sanitaires. Il devra aussi se vérifier lorsqu’il s’agira d'apporter un soutien d'une ampleur inédite aux indépendants, aux PME, aux entreprises.

Il reste que ce week-end risque de renforcer encore la fracture politique dans ce pays. Tous les problèmes que la paralysie des derniers mois a mis en exergue restent latents, notamment les dysfonctionnements de notre système fédéral et même les doutes sur l’existence de la Belgique.

 

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