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L’inspection militaire épingle le SGRS dans l’affaire Conings

La ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) a présenté les conclusions du rapport de l'Inspection générale de la Défense. ©BELGA

Le rapport de l'Inspection générale de la Défense pointe notamment la non-transmission d'informations attestant de la radicalisation de Jürgen Conings.

Les députés siégeant au sein de la commission de la Défense étaient particulièrement remontés, mercredi, en raison de la fuite dans le journal Le Soir du rapport de l’Inspection générale de la Défense au sujet de l’affaire Jürgen Conings.

Le député Theo Francken (N-VA) a laissé entendre dans un tweet que la fuite provenait du cabinet de la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) qui aurait refilé le rapport au Soir. Celle-ci a nié cette allégation et compte demander au chef de la Défense "de faire toute la lumière sur qui a eu accès à ce rapport classifié".

Le rapport épingle le mauvais suivi du caporal-chef Conings par les services de renseignements de l’armée (SGRS).

Sur le fond, le rapport de 35 pages épingle le mauvais suivi du caporal-chef Conings par les services de renseignements de l’armée (SGRS). Ceux-ci n’auraient pas transmis aux autres directions de l’armée l’information de l’inscription du militaire sur la liste de l’OCAM au niveau 3 de menace.

De même, le retrait de l’habilitation de sécurité de Jürgen Conings, qui lui donne accès à des armes de guerre et à des informations classifiées, a été notifié par le SGRS avec beaucoup de retard auprès de la hiérarchie du militaire.

De manière plus générale, le rapport pointe un ensemble de facteurs qui expliquent les problèmes constatés: manque de personnel, rotation du personnel trop importante, perte de connaissances et d’expérience, manque de transmission d’informations, failles dans l’échange d’informations entre la Défense et les services de sécurité.

13
retraits d'habilitation
13 militaires (dont Jürgen Conings) ont vu leur habilitation de sécurité retirée par le SGRS.

Chasse aux sorcières

La ministre a par ailleurs annoncé une mise à jour du code de conduite qui régit la liberté d'expression au sein de l'armée, compte tenu de l'avènement des médias sociaux. Elle a aussi indiqué que 13 militaires (dont Jürgen Conings) ont vu leur habilitation de sécurité retirée par le SGRS.

Plusieurs d’entre eux s’en sont plaints auprès de leur syndicat, dénonçant le caractère soudain de la décision. "L’affaire Jürgen Conings a probablement révélé des manquements mais cela ne justifie pas une chasse aux sorcières qui pourrait, sans discernement, pénaliser des militaires exemplaires", a réagi le président du SLFP-Défense Dimitry Modaert auprès de l'agence Belga.

Theo Francken a quant à lui demandé de ne pas sacrifier la liberté d’expression "pour laquelle des générations de militaires se sont battus". "Mon parti est contre tout extrémisme à la Défense mais, de grâce, soyez prudent vu la polarisation du climat politique actuel."

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