L'Open Vld cherche désormais l'apaisement dans ses rangs

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Les rangs se resserrent au Vld, après une semaine qui aurait pu déboucher sur un schisme. Mais la volonté de reporter l’élection interne peut raviver la flamme.

Du côté du MR et du CD&V, l’heure est au questionnement: faut-il aller vers l’arc-en-ciel (alliant socialistes, libéraux et écologistes) ou vers la bourguignonne (socialistes, N-VA et libéraux)? Les deux formations devront sans plus tarder tenter de se convaincre mutuellement de ce qu’elles veulent vraiment.

"Gwendolyn Rutten s’est rendu compte à temps que la voix de la base et du groupe parlementaire ne pouvait être ignorée."

Ce qui n’est pas pour déplaire à tout le monde. Car la situation permet à l’Open Vld de pousser un soupir de soulagement, après que le ciment unifiant le parti a vivement tremblé ces dernières semaines. D’autant que, du côté d’Ecolo et du PS, certains auraient bien vu le président de la Chambre, Patrick Dewael, aller mouiller le maillot en tant qu’informateur, ce qui aurait encore accru les secousses internes chez les libéraux flamands. "Le sentiment aurait alors été que le top du parti était toujours prêt à se lancer dans une aventure complètement instable où l’on reçoit pourtant peu, et ce, malgré l’opposition marquée de la part de la fraction à la Chambre et de la base locale", sifflait un libéral. Même le président du PS lui-même, Paul Magnette, a finalement réalisé que lancer Dewael dans la fosse aux lions pourrait amener à des rugissements si forts que ça en aurait simplement été fini de l’idée d’une coalition arc-en-ciel.

En résumé, chez les bleus flamands, on se frotte les mains quant au choix du Palais, avec ce nouveau duo d’informateurs Bouchez-Coens. D’autant qu’ils sont la plus crédible incarnation qu’une coalition bourguignonne n’est pas possible, car PS et N-VA n’en veulent pas. Quand le tandem permettra aux libéraux de contrôler un tant soit peu, si besoin il en est, le désir de possible prise de commandes des négociations par les démocrates-chrétiens, avec une ambition de "16" en toile de fond.

Recoller les morceaux

Reste alors l’interne pour le Vld. Recoller les morceaux. Et ce, car les ambitions de Gwendolyn Rutten, qui se serait bien vue Première, quitte à foncer vaille que vaille, ont affaibli la position de négociation du parti. Et failli mener au clash. La présidente aurait dès lors eu plusieurs entretiens avec le chef de file Egbert Lachaert ces derniers jours. Aux côtés d’Alexander De Croo et de Vincent Van Quickenborne, il faisait partie de la résistance anti-arc-en-ciel, ce qui, là aussi, avait amené à des critiques, d’autres les accusant de ne rouler pour eux-mêmes. Une donne qui avait débouché sur un bureau de parti particulièrement sombre lundi. Avant une éclaircie en milieu de semaine, tout à coup, avec un langage de réconciliation à la clé. "Gwendolyn s’est rendu compte à temps que la voix de la base et du groupe parlementaire ne pouvait être ignorée et que le moment n’était donc pas venu d’y aller", entendait-on du côté de la Chambre. Quand, à l’inverse, "Lachaert s’est rendu compte qu’il était allé trop loin", pouvait-on entendre à d’autres sources.

Il faudra bien ça, au vu de la temporalité. En effet, il apparaît désormais relativement clairement que la formation au Fédéral pourrait encore durer et se compter en mois. Ce qui débouche assez logiquement sur la question des élections de fin mars au Vld, qui pourraient voir tomber Rutten, et livrer l’avenir de l’exécutif à un successeur.

Alors certains, comme l’ancien secrétaire du parti Clair Ysebaert, proposent un report "pour sauvegarder la position de négociation de l’Open Vld et empêcher le pays de s’aplatir inutilement". Mais rien n’a encore filtré sur une ouverture à ce sujet. Si ce n’est que seul un report de trois mois est possible. Mais pas sans risque, car cela pourrait attiser la méfiance de la base. Déjà haute.

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