analyse

L’Open Vld laisse à voir ses dissensions, Gwendolyn Rutten vise le 16 rue de la Loi

Il se dit que la présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten se verrait bien Première ministre et que l'informateur Paul Magnette lui aurait fait miroiter le poste. ©BELGA

En voulant mettre la pression sur la N-VA, l'Open Vld Bart Somers a surtout dévoilé au grand jour les dissensions entre l'aile droite et l'aile progressiste de son parti. Pendant ce temps-là, Gwendolyn Rutten se verrait bien Première ministre.

L’intervention n’était pas dénuée de sens quand le ministre flamand des Affaires intérieures Bart Somers (Open Vld) confiait, ce week-end sur le plateau de VTM, être convaincu que les nationalistes flamands ne voulaient pas prendre part à un gouvernement fédéral. "Même un aveugle pourrait le voir. Ils ne veulent juste pas se mouiller."

Il s’agissait d’accroître la pression sur la N-VA. Un développement stratégique pour avancer. Pour sortir du blocage, donner l’étincelle d’un feu aux couleurs arc-en-ciel, celles de la coalition fédérale actuellement étudiée par Paul Magnette, regroupant libéraux, socialistes et écologistes, voire même démocrates-chrétiens.

Mais, comme souvent, quand on vise un objectif sans rester alerte, on omet des pans parfois importants de la réalité. Qui peuvent alors venir contrecarrer les plans jusque-là imaginés. Et c’est exactement ce qui s’est passé ici, sous les yeux des libéraux. Plutôt que d’affaiblir un possible adversaire – pourtant allié au sein du gouvernement Jambon I –, c’est son propre fort intérieur que l’Open Vld a endommagé. Par ses propos, le Malinois a en réalité dévoilé au grand jour une division de taille, entre aile droite et aile progressiste, entre N-VA-compatibles et N-VA-insensibles.

Rutten au centre de la grogne

Que se passe-t-il chez les libéraux flamands? L’ambition de l’actuelle présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten, qui a refusé de monter dans l’exécutif au nord du pays pour se réserver, indiquent certains, pourrait être un éventuel destin plus important à l’échelon supérieur qu’est le Fédéral. Elle serait prête à tout pour arriver au but ultime: coiffer la casquette de Première ministre. Elle en aurait d’ailleurs reçu l’assurance par Paul Magnette himself, évoquaient jeudi nos confrères du Tijd. Ce qui est loin de faire plaisir à tout le monde au sein du parti… 

"Egbert Lachaert serait le président parfait pour l’Open Vld"
Vincent Van Quickenborne Bourgmestre de Courtrai

Après la lecture des notes de l’informateur royal Paul Magnette qui ont fuité cette semaine dans la presse, à ce stade, les libéraux flamands restent sur leur faim. Pas sûr que leur base accepte ce programme qui pourrait servir de point de départ à un futur accord de gouvernement. En l’état, accepter les textes révélés, ce serait avaler une couleuvre.

Alors certains cherchent un coupable... Ou une coupable. Facile. D'autant que le fait que l’actuelle patronne de l'Open-Vld n’ait pas fait état de ses intentions en interne crée une nervosité assez logique. La question de sa présidence se poserait alors – et certains n’hésitent pas à la mettre sur la table. Après tout, le parti est sorti affaibli des dernières élections du 26 mai. Certains vont jusqu’à appeler à des élections anticipées, quand les élections internes sont à ce stade prévues pour mars 2020.

L’aile droite du parti se fédère

Egbert Lachaert, le chef de file des libéraux flamands à la Chambre, aurait les faveurs de l'aile droite du parti pour accéder à la présidence de l'Open Vld. ©BELGA

À l’approche du scrutin, l’aile droite du Vld se cherche une dynamique. Avec un candidat en tête. En effet, un camp semble se dégager autour du bourgmestre courtraisien Vincent Van Quickenborne qui appelait, à la mi-année déjà, à considérer le profil du Gantois Egbert Lachaert, chef de groupe à la Chambre. "Il serait le président parfait", déclarait à l’époque celui qui fut ministre fédéral des Pensions de 2011 à 2012. Cette tranche du parti pourrait, dit-on, compter sur le soutien de l’actuel ministre fédéral des Finances Alexander De Croo. Même si l’intéressé reste silencieux pour l’heure sur le sujet.

Plus à gauche, un autre axe a commencé à prendre forme, avec la sortie début novembre du bourgmestre de Gand, Mathias De Clercq, déclarant qu’"un arc-en-ciel est une meilleure perspective qu’une bourguignonne (associant socialistes, libéraux et N-VA, NDLR)".

Qui dit deux camps, dit combat. D’ailleurs, Egbert Lachaert est expressément rentré de Taïwan pour affronter la crise dans laquelle s’enlise l’Open Vld. Pour lui, "le parti est en flammes". "Soyez certain qu’un candidat-président de l’aile droite du parti émergera bientôt", confiait-il au Tijd suite à la sortie de Somers.

Sa candidature n’aurait rien d’une surprise. Après tout, l’homme avait déjà affronté Gwendolyn Rutten à la présidence en 2012 qu'elle remporta avec 60% des voix. Interrogé sur ce point en août, il déclarait: "Les négociations gouvernementales ont la priorité, de même qu’une présidente que nous devons soutenir au maximum. S’il y a un poste vacant, j’y penserai à ce moment-là".

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