La Belgique a besoin d'un gouvernement stable

Même sans gouvernement, l’économie belge s’en sort bien. Mais plus on attend pour assainir, plus cela risque d’être douloureux.

La Belgique enregistre de meilleures performances économiques que la moyenne de la zone euro, mais cela n’enlève rien à l’urgence de se doter d’un gouvernement stable afin de redresser les finances publiques. Tel est en substance le message formulé lundi par le gouverneur de la Banque nationale, Guy Quaden, à l’occasion de la publication des prévisions semestrielles.

La Banque a revu en nette hausse sa prévision de croissance pour l’économie belge. Par rapport à une estimation de 1,3% formulée en juin dernier, la BNB table à présent sur 2,1% de hausse du PIB cette année.

"Les performances économiques de la Belgique sont supérieures à la moyenne de la zone euro", s’est réjoui Guy Quaden. "De plus, le déficit est moins important que la moyenne européenne et notre balance commerciale est largement positive", a-t-il ajouté.

La croissance belge actuelle est largement tirée par les exportations (+10% en 2010). Mais l’an prochain, la demande intérieure devrait prendre le relais grâce surtout à la bonne tenue du marché de l’emploi.

Mais tout n’est pas rose pour autant. "Pour pouvoir affronter les défis économiques à venir, dont principalement le coût du vieillissement de la population, et pour conserver la confiance des acteurs économiques dans un contexte de nervosité sur les marchés financiers, la Belgique doit diminuer son déficit de manière progressive mais résolue et réamorcer le mouvement de désendettement", a prévenu le gouverneur.

Trouver 2 milliards en 2011

Concrètement, l’écart entre le déficit de 4,8% annoncé par le gouvernement pour 2011 et le déficit de 4,1% inscrit dans le pacte de stabilité pour la Belgique représente un effort d’assainissement de 2 milliards d’euros. "Il faut combler cet écart et, si possible, faire mieux", estime Quaden.

Reste à voir si l’assainissement ne risque pas d’hypothéquer la croissance. Nul besoin, selon le gouverneur, de fermer tous les robinets comme en Grèce. "On peut y aller progressivement, mais il faut y aller", précise-t-il.

Ce qui ne signifie pas pour autant que l’intervention sera indolore. "Il faut trouver 20 à 22 milliards d’euros d’ici 2015. Ce serait mentir que de dire qu’on y arrivera sans faire mal à personne. L’important, c’est de montrer le chemin que l’on compte emprunter pour y arriver", explique Quaden. D’où l’intérêt de travailler à l’aide de budgets pluriannuels, comme l’avait fait Herman Van Rompuy pendant son court passage au 16 rue de la Loi.

Réformes structurelles

L’effort d’assainissement devra en outre être accompagné de réformes structurelles afin de renforcer le potentiel de croissance de l’économie. "Plus vite ces efforts seront réalisés, plus ils seront supportables. Plus longtemps on attend, plus ce sera cher et douloureux", met en garde Guy Quaden.

Les réformes devront porter sur le marché du travail (résorption des pièges à l’emploi, allongement de la carrière), mais aussi sur certains marchés de produits où la concurrence ne joue pas suffisamment. La remarque vaut surtout pour le marché de la production et de la distribution d’énergie en Belgique où certains acteurs dominants ne jouent pas correctement le jeu de la concurrence.

Le secteur de l’énergie est d’ailleurs pointé comme coresponsable de l’inflation anormalement élevée observée en Belgique, l’autre facteur étant le caractère énergivore de l’économie belge.

En octobre dernier, l’inflation belge avait atteint le seuil de 3%, soit le double de la zone euro. La BNB table sur une l’inflation moyenne de 2,3% en 2010 (1,5% dans la zone euro) et 2,1% en 2011 (1,3% en zone euro). Compte tenu de la croissance somme toute modeste de l’économie, c’est trop.

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