La Belgique fixe un cadre pour son plan de relance

Le gouvernement De Croo espère obtenir 5,15 milliards d'euros de subsides de l'UE après avoir présenté son plan de relance à la Commission européenne. ©Photo News

Le gouvernement De Croo a accéléré le tempo et validé un cadre ainsi qu'un agenda pour le plan de relance. Il espère ainsi maximaliser les chances de la Belgique de profiter pleinement des subsides accordés par l'UE.

Il était temps que la Belgique accélère le tempo en matière de relance. Le gouvernement De Croo vient d'arrêter une méthode de travail en vue de solliciter les outils financiers mis à disposition au niveau européen pour permettre aux États de redresser leurs économies minées par la crise du Covid.

C'est Thomas Dermine qui est chargé de la coordination du plan de relance au sein du gouvernement De Croo. ©Diego Franssens

On le rappelle, la clé de voûte de la relance européenne, c'est l'investissement. Public surtout. La méthodologie belge a été élaborée par Thomas Dermine (PS), secrétaire d'État en charge de la Relance. L'Echo a pu prendre connaissance d'une première note approuvée par le gouvernement. Celle-ci doit être discutée incessamment en comité de concertation (Codeco) avec les Régions et Communautés. Cela ne devrait cependant pas être à l'agenda du Codeco électronique programmé ce vendredi, qui devrait être surtout consacré à l'évolution de la pandémie.

Subsides européens

Pour l'heure, la réflexion belge sur la relance porte essentiellement sur l'utilisation des subsides alloués par l'Union européenne (UE). Total: quelque 338 milliards d'euros dont la Belgique peut revendiquer environ 5,15 milliards.

5,15 milliards
d'euros
La Belgique pourra revendiquer environ 5,15 milliards d'euros de subsides européens après avoir présenté son plan de relance à la Commission européenne.

Une première tranche correspondant à 70% de ce montant doit être accordée pour 2020 et 2021 à condition que la Belgique présente à la Commission européenne, pour le 30 avril 2021, son Plan national pour la reprise et la résilience (PRR).

Ce PPR doit détailler "les projets d’investissements, à tous les niveaux de pouvoir, pour lesquels un soutien financier est sollicité. Le PRR doit contenir aussi des engagements sur des réformes structurelles", principalement en matière de transition écologique et numérique, mais également en matière de réduction de la dette publique et de sécurisation du financement des pensions et de la santé, rappelle la note Dermine.

Ce retard est principalement dû au temps perdu à former le nouveau gouvernement fédéral, qui n'est en place que depuis un mois et demi à peine.

"Idéalement, un premier projet de PRR qui contiendrait les principales orientations devrait pouvoir être remis à la Commission d’ici fin 2020/début 2021 pour permettre une bonne exécution du processus, relève la note. Or, la Belgique est en retard par rapport à ses principaux voisins dans le processus de préparation du PRR. La moitié des États-membres sont déjà entrés en contact avec la Commission européenne, tandis que certains (France, Espagne, Italie, Portugal, République tchèque) ont déjà présenté publiquement leur projet de plan. Ces plans ont chacun une ambition significative (volume total d’investissements prévu oscillant entre 4% et 12% du PIB selon les pays)." Ce retard est principalement dû au temps perdu à former le nouveau gouvernement fédéral, qui n'est en place que depuis un mois et demi à peine.

Cinq axes de travail

Pour démarrer, le gouvernement a décidé de travailler sur 5 axes thématiques. L'axe "Durabilité" reprend, par exemple, la production et le stockage d'énergie renouvelable, des investissements dans les réseaux de transport, la rénovation énergétique des bâtiments ou encore l'économie circulaire.

L'axe "Numérique" comprend l'introduction de la 5 G et la numérisation de la santé et de la justice. L'axe "Mobilité" prévoit des investissements massifs dans le rail ou encore l'intégration de l'offre dans un système unique de ticketing.

L'axe "Solidarité" met l'accent sur la santé, l'intégration des groupes socialement défavorisés et la formation professionnelle. Un dernier axe "Productivité" entend promouvoir l'entrepreneuriat, notamment via la fiscalité et le statut social des entrepreneurs mais également la recherche et le développement dans les domaines de la santé et des biotechs.

Calendrier

Concrètement, le plan prévoit la mise en place de cinq groupes de travail, un pour chaque thème, ainsi que deux autres groupes d'experts "dont la tâche sera respectivement d’étudier les modalités de financement desdits projets, ainsi que leur impact macro-économique". Ces groupes doivent être constitués pour le 13 novembre, selon le timing prévu.

"On est en retard par rapport à d'autres pays mais il n'est pas trop tard."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État en charge de la Relance

Un premier projet de PRR doit atterrir sur la table des autorités avant les congés de fin d'année, stipule encore la note. Une deuxième version affinée devra être rédigée pour la mi-février, avant validation par les différents niveaux de pouvoir et présentation à la Commission.

"On est en retard par rapport à d'autres pays mais il n'est pas trop tard", assure Thomas Dermine à L'Echo. Le secrétaire d'État ne craint pas pour l'instant de problème de concertation entre les gouvernements fédéral et des entités fédérées. "La Commission cadre suffisamment les choses et si des arbitrages doivent encore être faits, tout le monde comprend ce qu'il faut faire pour obtenir un maximum des subsides auxquels la Belgique peut prétendre."

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