La Belgique intègre le social dans sa stratégie antiterroriste

Des militaires patrouillant sur la Grand-Place de Bruxelles en novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris. ©BELGAIMAGE

Un nouveau cadre destiné à favoriser la coopération entre les services de lutte contre l'extrémisme sera bientôt soumis au Comité de concertation.

Près de quatre ans après le vote des recommandations de la commission d'enquête sur les attentats de Bruxelles, la Belgique entend enfin mettre un peu d'huile dans les rouages de la prévention et la répression de la menace terroriste et de l'extrémisme.

Ce vendredi, le Conseil des ministres se penchera sur la note stratégique déposée par la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) et le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld). Celle-ci entend "structurer une approche multidisciplinaire" afin de "permettre à toutes les autorités compétentes et leurs services de travailler dans un cadre commun, avec une stratégie commune".

Transparence et coopération

Cette note actualise le Plan Radicalisation dont la dernière mouture date de 2015 en rompant avec une approche principalement sécuritaire axée sur les renseignements et la police pour y adjoindre "une attention particulière pour la prévention et la réinsertion sociale des individus".

En pratique, ce nouveau cadre entend maximaliser la transparence et la coopération entre les acteurs. Ceci sur base d'une approche dite plus large du terrorisme et de l'extrémisme qui donne un rôle prépondérant aux acteurs sociaux.

Les taskforces locales sont notamment chargées de prioriser les dossiers pour la base de données commune des services de sécurité.

Les structures ne changent pas

C'est donc surtout l'esprit de la stratégie qui semble changer car, au niveau opérationnel, la Belgique reste exactement sur les mêmes structures décentralisées. Ainsi, les taskforces locales (TFL) de chaque arrondissement judiciaire et les cellules locales de prévention forment une première ligne de détection des phénomènes d'extrémismes et sont vues comme "le centre névralgique" de la stratégie. Elles sont sous pilotage national.

Les TFL sont notamment chargées de prioriser les dossiers pour la base de données commune des services de sécurité. Elles doivent agir "en symbiose" avec les cellules locales de sécurité qui doivent déceler, mais aussi "assurer apporter un trajet de réintégration aux cas les plus problématiques". Entre les deux services, chaque zone de police doit désigner un "officier d'information" qui demeure la personne de contact pour les services de renseignements et gère l'accès à la banque de données.

Pilotage national

Un pilotage national est assuré par une autre taskforce qui, sous la présidence de l'Ocam, réunit tous les services fédéraux concernés ainsi que les Régions et Communautés.

La note devrait être soumise aux entités fédérées la semaine prochaine dans le cadre d'un Comité de concertation.

Le dispositif est alimenté par des groupes de travail nationaux chargés de suivre certains phénomènes spécifiques, comme l'extrémisme de droite et de gauche, les réseaux sociaux ou encore le salafisme, ainsi que de certaines régions du monde.

La note devrait être soumise aux entités fédérées la semaine prochaine dans le cadre d'un Comité de concertation.

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