La Belgique n'a pas payé les 10 millions prévus pour l'armée afghane

(c) afp

Notre pays n'est pas contraire à alimenter un fonds pour la constitution d'une armée afghane mais il estime que ce fonds doit être ouvert à des pays non-membres de l'Otan et que les "autres efforts", comme la présence militaire ou la formation doivent aussi être pris en compte.

La Belgique n'a pas été l'an dernier en mesure d'affecter les dix millions de dollars que les Etats-Unis lui réclamaient pour alimenter annuellement un fonds fiduciaire ("trust fund") en faveur de l'armée afghane, révèle un câble diplomatique obtenu par le site Wikileaks.

Le 10 février 2010, peu après la conférence de Londres sur l'Afghanistan, le chargé d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, Wayne Bush, a rencontré l'envoyé spécial belge chargé de l'Afghanistan et du Pakistan, Jean-Arthur Régibeau, "pour discuter de la prétendue opposition de la Belgique à l'expansion" de ce fonds, destiné à financer l'armée nationale afghane (ANA) dans la durée.

M. Régibeau lui a, selon le câble confidentiel publié par Wikileaks, répond que la Belgique n'était pas opposée à l'extension de ce fonds "si les contributions des (Etats) membres de l'Otan n'étaient que volontaires" et que si le fonds était ouvert à des pays n'appartenant pas à l'Alliance atlantique.

M. Régibeau, qui est également directeur des relations multilatérales au ministère des Affaires étrangères, a ajouté que la Belgique n'était pas financièrement en mesure de payer la totalité des dix millions de dollars que les Etats-Unis lui ont demandé de verser.

"Le gouvernement ne peut, simplement, accepter (de payer) sa part du montant total", fixée à environ deux milliards de dollars, a indique le diplomate belge au chargé d'affaires.

Le gouvernement décidera dans quelle mesure il peut contribuer à ce fonds en tenant compte des autres efforts réalisés dans le domaine de la sécurité -quelque 600 militaires belges déployés dans le pays au sein de la force internationale à la sécurité (Isaf, dirigée par l'Otan)- et du développement (douze millions d'euros, fournis par la Coopération au développement et destinés à des projets civils de coopération) de l'Afghanistan, avait ajouté M. Régibeau, cité dans le câble rédigé par M. Bush à destination de Washington.

Il a cité comme possibilité une combinaison d'argent liquide et d'autres formes d'assistance, comme éventuellement six millions de dollars et l'entraînement de la police afghane.

Ce "trust fund", créé en 2007, vise à financer de l'équipement et des infrastructures pour l'ANA, qui devra assurer seule, avec les autres forces de sécurité afghanes, la responsabilité de la sécurité dans le pays après le retrait prévu des forces internationales, fin 2014, après le début de la transition entamée en juin dernier.

L'armée afghane devrait ainsi compter 195.000 hommes en octobre 2012 et la police (ANP) 157.000 à la même date, des effectifs en croissance constante que le gouvernement de Kaboul est incapable de payer et d'équiper seul.

Selon des estimations américaines, le fonds devrait recevoir 1,8 milliard de dollars par an pour une armée de 134.000 hommes.

Le fonds de soutien de l'ANA a déjà recueilli des contributions de plus d'une vingtaine de pays.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés