La Belgique s'engage "a minima" pour le climat

Pour respecter leurs engagements, les entités fédérées misent entre autres sur la rénovation des bâtiments, les évolutions technologiques et l'économie circulaire.

La Belgique a adopté mercredi sa stratégie climat à l'horizon 2050. Ce plan "a minima", qui repose principalement sur les feuilles de route mises en place par les Régions, pourrait être revu dans les prochaines années.

Atteindre une économie neutre en carbone, c'est l'objectif fixé par l'Europe pour 2050. Dans cette optique, la Commission attendait de chaque État membre qu'il lui fournisse pour le 1er janvier une note stratégique présentant les efforts envisagés afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Avec près de deux mois de retard, les représentants du gouvernement fédéral et des entités fédérées se sont accordés mercredi et vont donc pouvoir remettre leur devoir à l'Europe.

Compilation de plans régionaux

Mais que contient le texte adopté? En réalité, pas beaucoup de nouveautés. Le plan belge compile principalement les trois stratégies approuvées précédemment par les exécutifs régionaux. Avec des compétences telles que les infrastructures routières, le transport en commun, l'aménagement du territoire, l'agriculture ou encore la gestion des déchets, ceux-ci détiennent en effet la plupart des leviers de la politique climatique.

Dans le détail, le document qui sera bientôt transmis au Berlaymont rappelle donc les réductions d'émissions prévues par les Régions. La Wallonie vise une diminution de 95% des gaz à effet de serre par rapport à 1990, tandis que Bruxelles affirme vouloir "se rapprocher de l'objectif européen de neutralité carbone d'ici 2050". Du côté de la Flandre, on promet une réduction de 85% par rapport à 2005. Enfin, le niveau fédéral n'a pour sa part pas d'objectif propre puisque toutes les émissions de gaz à effet de serre belges sont couvertes par celles des Régions.

Pour parvenir à respecter leurs engagements, ces entités fédérées misent entre autres sur la rénovation des bâtiments, les évolutions technologiques et l'économie circulaire. Elles visent en outre une décarbonation complète des transports de personnes et de marchandises, mais aussi une production d'électricité neutre sur le plan climatique, en partie grâce aux énergies renouvelables. Le Fédéral assure, quant à lui, qu'il soutiendra les Régions, sans toutefois avancer d'éléments très concrets.

"Plusieurs vitesses"

"Cette stratégie constitue un engagement a minima."
Les ministres belges en charge du Climat

En additionnant les ambitions affichées par les entités fédérées, on constate que la réduction attendue pour 2050 sera comprise entre 85% et 87% des émissions en provenance des secteurs belges, à l'exclusion de ceux des grosses industries et de l'aéronautique. L'objectif de la neutralité carbone reste donc pour l'heure hors d'atteinte en Belgique. Pour autant, les ministres compétents assurent que leur plan constitue un engagement "a minima", susceptible d'être régulièrement mis à jour.

"Ce document est clairement un compromis, car nous avons des accords régionaux qui ne sont pas convergents. Au global, la Belgique n'atteint pas la neutralité, mais nous avons convenu de revoir au fil des années cette stratégie à la hausse", insiste le ministre wallon du Climat, Philippe Henry (Ecolo). D'après lui, le fait que le "green deal" européen se traduira par des évolutions dans les prochains mois va obliger le gouvernement flamand à revoir ses propres engagements, sans quoi il sera en décalage par rapport à ses obligations européennes. 

"La Belgique a plusieurs vitesses en matière d'ambition climatique."
Romain Weikmans
Chercheur au Centre d'études du développement durable de l'ULB

Aux yeux de Romain Weikmans, enseignant et chercheur au centre d'études du développement durable (ULB), l'élaboration de la stratégie belge présente en particulier l'intérêt de mettre le sujet à l'agenda. Au-delà, elle démontre une nouvelle fois que la "Belgique a plusieurs vitesses en matière d'ambition climatique". La perspective d'une révision de la stratégie a toutefois "un sens" dans la mesure où l'évolution du paysage politique peut avoir une influence sur les décisions, conclut-il.

 

 

 

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