La Belgique veut son siège à l'ONU

Elio Di Rupo ©REUTERS

Son objectif ? Décrocher un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU en 2019 et 2020. Déjà deux "adversaires" identifiés : l'Allemagne et Israël, qui se batent pour la même place.

La Belgique a entamé une campagne - qui s'annonce à priori bien partie - pour décrocher un siège non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU pour la période 2019-2020, a-t-on appris de sources diplomatiques. Elle accéderait ainsi au principal organe de décision onusien pour la sixième fois depuis la création des Nations Unies

La décision de briguer un des dix sièges non-permanents, renouvelés tous les ans par groupe de cinq, a été prise dès 2009 par le gouvernement belge, dirigé à l'époque par Herman Van Rompuy (entre-temps devenu président du Conseil européen).

Mais à cinq ans de l'élection par l'Assemblée générale, fixée à la fin octobre 2018, la campagne est désormais lancée, avec trois candidats jusqu'ici déclarés au sein du "groupe des pays occidentaux et autres" (le "Western Europe and other Groups", WEOG, qui rassemble 29 pays). Le WEOG aura droit à deux sièges au Conseil de sécurité - outre ceux des membres permanents que sont la France et le Royaume-Uni - en vertu d'une répartition régionale typique à l'organisation mondiale.

Il s'agit, outre de la Belgique, de la puissante Allemagne - qui a déjà siégé à cinq reprises, dont la dernière fois en 2011-2012 - et d'Israël. L'Etat hébreu n'a toutefois jamais réussi à se faire élire au Conseil de sécurité en raison de l'opposition des pays arabes et de leurs alliés et du fait du non-respect de plusieurs résolutions onusiennes.

Mais d'autres candidatures ne sont toutefois pas exclues, estiment les diplomates belges en poste à New York. "Il vaut mieux se déclarer le plus tôt possible, pour 'tuer' d'autres candidatures" potentielles, a affirmé l'un d'eux à l'agence Belga en marge de la 68ème Assemblée générale de l'ONU.

"Kernkabinet du monde"

Le Premier ministre Elio Di Rupo a à cette occasion rappelé à plusieurs reprises - et notamment depuis la tribune de l'Assemblée générale - que la Belgique était le quinzième contributeur financier des Nations Unies.

La Belgique a déjà siégé à cinq reprises - en 1947-1948, 1955-1956, 1971-1972, 1991-1992 et 2007-2008 - au Conseil de sécurité, que l'ancien ministre des Affaires étrangères (devenu commissaire européen au commerce) Karel De Gucht qualifiait volontiers de "kernkabinet du monde".

Conseil des droits de l'homme

La Belgique est par ailleurs candidate au Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour la période 2015-2018. Elle a déjà siégé durant trois ans (de 2009 à 2012) dans cette instance onusienne qui a pour mission de passer en revue la situation des droits fondamentaux dans tous les Etats membres.

Le Conseil des droits de l'homme, basé à Genève, a succédé en 2006 à la très décriée commission des droits de l'homme. L'une de ses premières responsabilités est d'émettre un Examen périodique universel (EPU) évaluant la situation des droits humains dans tous les pays.

Ses membres sont 47 États élus par l'Assemblée générale à la majorité absolue pour une période de trois ans. Le Conseil est renouvelable par tiers tous les ans.

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