La cyberattaque qui a paralysé la Chambre est "sous contrôle"

Le problème informatique survenu mardi à la Chambre empêchait tout lien entre les salles de commission et les personnes se trouvant à l'extérieur. ©Photo News

Le réseau Belnet est à nouveau disponible après avoir subi une cyberattaque mardi. Toutes les institutions connectées au réseau ont été touchées par l'incident.

Mardi, des auditions parlementaires ont été reportées, des étudiants ne pouvaient plus accéder aux services en ligne de leur Université ou de leur Haute École et le public ne pouvait plus se connecter au site de certaines administrations.

La cause ? Une cyberattaque de grande envergure contre Belnet, le réseau national qui connecte les établissements d'enseignement supérieurs et universitaires ainsi que les centres de recherche et les administrations publiques.

Attaque endiguée

Bonne nouvelle, depuis mardi soir, l'attaque est "entièrement sous contrôle", confirme Belnet dans un communiqué publié ce mercredi. Le réseau national précise cependant continuer à suivre la situation "minute par minute". L'organisme public signale en effet avoir immédiatement activé ses procédures de crise et contacté le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) en vue de maîtriser l’attaque.

"Le fait que les auteurs de l’attaque ont changé constamment de tactique a rendu encore plus difficile sa neutralisation"
Dirk Haex
Directeur technique chez Belnet

"Nous sommes pleinement conscients de l'impact sur les organisations connectées à notre réseau et leurs utilisateurs et nous sommes conscients que cela a perturbé profondément leur fonctionnement. Belnet investit continuellement dans la cybersécurité", indique le communiqué.

"Cependant, l'attaque DDoS d'hier était d'une telle ampleur que l'ensemble de notre réseau a été saturé. Le fait que les auteurs de l’attaque ont changé constamment de tactique a rendu encore plus difficile sa neutralisation", explique notamment Dirk Haex, directeur technique chez Belnet.

Plusieurs institutions touchées

À la Chambre, une bonne partie des députés et des orateurs invités était censée participer aux travaux à distance. Le problème survenu mardi a toutefois empêché tout lien entre les salles de commission et les personnes se trouvant à l'extérieur, forçant ainsi le report de nombreuses auditions.

Le Parlement n'a pas été la seule institution frappée par ce piratage. Le système de réservation pour les centres de vaccination en Wallonie, à Gand et à Anvers était indisponible de midi à 14h et brièvement aux alentours de 17h, avant d'être rétabli.

Le parquet fédéral a, lui aussi, subi des désagréments pendant une réunion en visioconférence, mais assure que ceux-ci ont été résolus sans gravité. "Aucune plainte n'a pour l'instant été reçue à la suite de l'attaque, mais il est possible – voire vraisemblable – que cela arrive", déclarait mardi le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Duyse.

Impact difficilement mesurable

Belnet a été la cible d'un piratage par déni de service (DDoS). Cela consiste à saturer les réseaux des différentes entités pour endommager leur connectivité.

"Cela signifie que le public n’a plus eu accès aux sites web de certaines administrations des étudiants n’ont plus eu accès aux services en ligne de leur Université ou de leur Haute École"
Belnet
Fournisseur d'accès internet en Belgique

Le fournisseur d'accès compte dans sa clientèle pas moins de 200 organisations. Si certaines d'entre elles rapportaient un accès très lent, voire inexistant à internet, il est encore difficile d'évaluer l'ampleur des dégâts.

Selon Belnet, ces institutions ont toutefois toutes été complètement ou partiellement coupées de l'Internet et les utilisateurs des réseaux Belnet ont également subi les conséquences de cette cyberattaque.

"Cela signifie que le public n’a plus eu accès aux sites web de certaines administrations des étudiants n’ont plus eu accès aux services en ligne de leur Université ou de leur Haute École", précise notamment l'organisme public dans son communiqué.

Plainte déposée

L'origine de l'attaque n'est pas claire. "À ce stade-ci, nous n'avons aucune idée de son origine", précisait mardi Laetitia Lagneau, la porte-parole de Belnet.

"Nous avons déposé plainte à la Computer Crime Unit (FCCU), qui mènera son enquête conjointement avec la police en vue de déterminer les raisons exactes de ces attaques, tout comme leurs auteurs".

Olivier Bogaert, commissaire de la FCCU, confirme par ailleurs qu'une réunion sur cette cyberattaque est prévue ce mercredi vers 11h00 mais qu'aucune communication n'aura probablement lieu dans la foulée, et ce tant que l'enquête est en cours.

Notons toutefois qu’une attaque DDoS est une cyberattaque qui empêche la disponibilité d'un certain service et ne vise donc pas à voler des données. "Tout semble donc indiquer que l’attaque visait uniquement à saturer le réseau", selon Belnet.

Débat sur les Ouïghours

À la Chambre, la commission des Relations extérieures devait notamment entendre une série de personnalités dans le dossier des persécutions subies par la minorité ouïghoure en Chine. Plusieurs résolutions ont été déposées, dont l'une qui vient des écologistes et qui demande au gouvernement "de reconnaître le crime de génocide perpétré par le gouvernement de la République populaire de Chine contre les Ouïghours".

La commission de l'Énergie, de l'Environnement et du Climat devait également se réunir autour de débats d'actualité concernant Doel 1 et 2 et le Mécanisme de Rémunération de Capacités (CRM).

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