La Chambre repousse le vote sur BHV

Comme prévu, la demande d'urgence pour les propositions de loi scindant Bruxelles-Hal-Vilvorde a été rejetée jeudi après-midi par la séance plénière de la Chambre. La N-VA s'est abstenue, les autres partis néerlandophones ont voté contre.

Comme prévu, la demande d'urgence pour les propositions de loi scindant Bruxelles-Hal-Vilvorde a été rejetée jeudi après-midi par la séance plénière de la Chambre.

Le chef de groupe Vlaams Belang, Gerolf Annemans, et Jean-Marie Dedecker (LDD) ont, comme ils l'avaient annoncé, demandé jeudi après-midi, l'urgence pour leurs propositions de loi scindant l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Comme prévu, ces demandes n'ont pas été soutenues par les autres partis. Le N-VA n'a toutefois pas voté contre. Les députés nationalistes flamands se sont abstenus.

Le vote s'est déroulé par assis et levés. A l'appel des votes contre, les francophones ont été les premiers à se lever ainsi que Groen!, suivis après quelques hésitations par le sp.a et enfin par le CD&V, le premier ministre Yves Leterme en tête.

Invité de la radio La Première de la RTBF jeudi matin, Alexander De Croo, président d'Open Vld, avait donné le ton jugeant qu'un vote sur BHV à la Chambre ne mènerait qu'à un blocage - comme cela a déjà été démontré - et qu'il ne convenait pas de suivre l'initiative du Vlaams Belang dans une période de négociations.

La N-VA a pour sa par rappelé sa position sur BHV lors du débat à la Chambre consacré à l'actualité politique. Sans rien apporter de neuf, le chef de groupe N-VA, Jan Jambon, a été le plus clair, en rappelant les conditions fixées par son parti pour participer à un gouvernement fédéral. La N-VA n'entrera dans un gouvernement que s'il réalise une réforme de l'Etat représentant une révolution copernicienne, un assainissement budgétaire, une réforme de la justice, la mise en place d'une politique de l'asile et de l'immigration plus stricte et une scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. C'est ce qu'a dit, jeudi à la Chambre, le chef de groupe de la N-VA Jan Jambon.

Sur BHV, Jambon a rappelé que la N-VA était d'avis que la solution négociée est "le chemin le plus rapide pour obtenir la scission". Toutefois, a-t-il ajouté, si la semaine prochaine il n'y a pas de perspective claire pour une solution négociée, le parlement devra prendre ses responsabilités.

Comme le chef de groupe PS, celui du CD&V, Servais Verherstraeten, a rappelé qu'un compromis n'est possible que si chacun fait un pas vers l'autre. Pour lui, il appartient aux deux grands vainqueurs des élections, la N-VA et le PS, à prendre leur responsabilité.

Le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine a redit pour sa part la volonté des réformateurs de protéger les droits des 120.000 francophones de la périphérie, qui constitue "un groupe de personnes plus important que la minorité des flamands de Bruxelles" dont il ne conteste d'ailleurs pas les droits. Pour lui, la scission n'est pas souhaitable, ni pour les francophones ni pour les flamands, et son parti est prêt à utiliser toutes les procédures pour l'empêcher.

M. Bacquelaine a aussi répété l'argument avancé depuis le lendemain des élections par le MR, à savoir que la méthode de négociation est mauvaise. Il a dit toujours espérer "qu'il est encore possible de sortir du cul de sac" dans lesquelles se trouvent les pourparlers "et de voir ce que nous voulons encore faire ensemble entre flamands et francophones".

Le chef de groupe Ecolo, Olivier Deleuze, a abordé le débat sous un autre angle, celui de l'emploi en partant des pertes de postes dans le secteur de l'automobile après la fermeture d'Opel Anvers. "On a besoin d'une vision à long terme", a-t-il dit, soulignant que l'avenir n'est plus dans l'automobile mais dans les emplois verts, comme l'a bien compris l'Allemagne selon lui. Or, notre pays est en retard dans ce domaine puisque seulement 2% des l'emplois chez nous sont des emplois verts, a-t-il noté.

Quant à la chef de groupe cdH Catherine Fonck, elle a répété que son parti dit "trois fois oui, au plan A, à la responsabilisation et à la solidarité interpersonnelle".

"Ce pays est en chantier", a constaté le chef de groupe sp.a Bruno Tobback. Pour l'Open Vld, Herman De Croo lui a répondu : "Sur un chantier, il y a toujours un conducteur de chantier. Jusqu'à présent il n'y en a pas ou s'il existe il est très discret".

La plupart des intervenants ont aussi souligné que le parlement pouvait travailler, même en l'absence de gouvernement, et trouver des majorités pour faire avancer certains projets. Cette dernière remarque même si elle recueille un large consensus semble cependant peut réalisable et faire plus partie du rêve d'un parlement idéal et indépendant que de la réalité politique.

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