La compétitivité belge au plus haut depuis dix ans

Grâce surtout à la qualité des soins de santé et de l’enseignement, la Belgique progresse de quatre places au classement du WEF.

Bien qu’en affaires courantes depuis plus de 450 jours, la Belgique n’en obtient pas moins les félicitations du World Economic Forum (WEF), un think tank basé à Genève, pour ses performances en matière de compétitivité. Notre pays figure en effet à la 15e place (sur 142) au classement 2011, soit la meilleure place jamais obtenue par la Belgique depuis la création de cet outil en 2001. Après une période de fluctuations entre la 20e place (2006 et 2007), la 18e place (2009) et la 19e place (2010), notre pays réalise cette année un bond de quatre places dans ce classement réalisé selon une méthodologie bien précise (lire encadré ci-dessous).

La Suisse confirme sa première place de l'an dernier, tandis que les Etats-Unis ne cessent de perdre du terrain.

Ce résultat flatteur est principalement à mettre au crédit de la qualité des soins de santé et de l’enseignement fondamental, deux domaines pour lesquels la Belgique occupe respectivement la première et la deuxième place à l’échelle mondiale. Notre pays obtient même une première place pour ses écoles de management. Paradoxal quand on sait que nos écoles de commerce ne figurent pas dans le Top 10 des hit-parades en la matière. "L’accès très démocratique en termes de coûts est l’élément qui explique ce bon score", explique Leo Sleuwaegen, professeur à la Vlerick Management School.

Autres points forts: la solidité de notre tissue entrepreneurial (rentabilité et solvabilité), le haut degré de pénétration des nouvelles technologies ou encore l’efficacité observée sur le marché des biens. Sur ce dernier point, Wim Moesen, professeur d’économie à la KU Leuven et un des rédacteurs du rapport, apporte une précision: "Cette efficacité est valable pour le circuit de production, caractérisé par une âpre concurrence, contrairement au circuit de distribution où les consommateurs sont confrontés à des prix élevés pour certaines catégories de biens."Parmi les points faibles de la Belgique, on retiendra le coût du travail, le haut niveau de prélèvements fiscaux et les rigidités sur le marché du travail.

Quant à l’environnement macroéconomique, il pâtit surtout du niveau élevé d’endettement (proche de 100% du PIB). Il reste également du pain sur la planche pour améliorer la qualité des services financiers. "Ainsi, l’écart entre les taux hypothécaires et les taux accordés sur les livrets d’épargne est anormalement élevé", observe Wim Moesen.

Le déclin américain

Comme en 2010, la Suisse trône en tête du classement WEF, avec comme principaux atouts l’efficacité des pouvoirs publics, la qualité des infrastructures et l’excellent climat institutionnel. "La vigueur actuelle du franc suisse ne constitue pas en soi un élément suffisant pour contrarier ce bon bilan", signale Wim Moesen.

Les Helvètes sont suivis par Singapour, la Suède et la Finlande. Avec le Danemark en huitième position, les pays scandinaves réalisent un joli tir groupé.

Les Etats-Unis, longtemps numéro un incontesté en termes de compétitivité, ont encore perdu une place et doivent se contenter du cinquième rang. En cause, l’attitude de défiance des citoyens américains par rapport à leur classe politique et au fonctionnement des pouvoirs publics. Plus surprenant, l’innovation n’est plus la chasse gardée des Américains puisqu’ils glissent de la première à la cinquième place.

Un indice établi à partir de 100 variables

- Depuis dix ans, le World Economic Forum (WEF), un think tank basé à Genève qui organise aussi le Forum de Davos, propose un classement des pays selon leur degré de compétitivité. L’indice global est établi à partir d’une centaine de variables. Certaines sont des données objectives (PIB par habitant, niveau d’endettement, etc.) qui peuvent être obtenues auprès de n’importe quel institut de statistique. "Mais ces données sont insuffisantes pour se faire une idée exacte du climat économique qui prévaut dans un pays", souligne Wim Moesen, professeur à la KU Leuven. C’est pourquoi ces données purement chiffrées sont complétées par des variables subjectives obtenues à partir d’enquêtes d’opinion réalisées par des instituts partenaires dans chacun des 142 pays pris en considération. En Belgique, c’est la Vlerick Leuven Gent Management School qui réalise ce travail. Les questions portent notamment sur la perception de l’efficacité des pouvoirs publics, de l’enseignement ou des soins de santé. Pour chacun des cent paramètres sélectionnés, un score sur une échelle allant de 1 (le plus faible) à 7 (le plus fort) est enregistré.

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