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La concertation sur le survol de Bruxelles et des deux Brabant est lancée

Le nouveau ministre de la Mobilité hérite d'une situation pour le moins noueuse. ©Wouter Van Vooren

Le ministre Georges Gilkinet (Ecolo) invite les communes au dialogue sous la houlette d'une modératrice indépendante. Le scepticisme s'exprime déjà.

Après plusieurs années d'hibernation, le gouvernement fédéral reprend l'initiative dans le dossier du survol de Bruxelles. Le 2 septembre, le nouveau ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) a invité toutes les communes concernées de près ou de loin par les activités de l'aéroport de Bruxelles-National à participer à une large plateforme de concertation, a appris L'Écho. Plusieurs dizaines de bourgmestres de Bruxelles, du Brabant flamand et du Brabant wallon ont reçu les détails organisationnels de ce nouvel organe qui associera la direction de l'aéroport, la Région bruxelloise et le médiateur de l'aéroport, précise le cabinet du ministre.

"J'ai pour ambition de créer un espace de discussion où chacun pourra librement exprimer ses préoccupations et exposer ses propositions (...), portant notamment sur les conditions d’exploitation de l'aéroport, les routes aériennes à suivre, les conditions d'utilisation de ces routes, l'utilisation des pistes de l’aéroport, et surtout la mise en œuvre de solutions techniques permettant de diminuer l'impact de la circulation aérienne pour les populations survolées", écrit Georges Gilkinet. Il s'agit aussi de répondre au tribunal néerlandophone de Bruxelles qui, en première instance, exige depuis 2018 l'organisation d'États généraux associant les communes bruxelloises et brabançonnes.

Concertation par zones

La plateforme range les communes dans 11 zones correspondantes chacune à une problématique spécifique (par exemple, les décollages sur la piste 01). Il est demandé aux localités de préciser leur appartenance à telle ou telle zone. Chaque zone est chargée de désigner deux représentants maximum. Une première "séance de travail" est prévue le 30 septembre. Elle sera animée par une "modératrice externe et indépendante", précise le ministre.

"Nous attendons encore l'étude d'incidence qu'un autre tribunal a condamné l'État à compléter. C'est elle qui doit nous permettre d'avancer."
Benoit Cerexhe
Bourgmestre cdH de Woluwe-Saint-Pierre

Ce nouveau cadre de concertation surgit alors que le trafic est reparti à la hausse cet été. Comme les plaintes de riverains. L'Écho a sondé deux communes particulièrement touchées par les nuisances. Le scepticisme est de mise. "C'est curieux que le premier acte du ministre soit de convoquer une plateforme suite à un jugement de première instance d’un tribunal néerlandophone, s'interroge Benoît Cerexhe (cdH), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre. Ce jugement fait l'objet d'un appel et nous attendons encore l'étude d'incidence qu'un autre tribunal a condamné l'État à compléter. C'est elle qui doit nous permettre d'avancer. Elle doit nous éclairer sur l'impact des activités de l'aéroport, le choix des routes aériennes ou sur l'opportunité d'allonger les pistes."

"Je me demande quelle est la finalité de cette plateforme, commente Ridouane Chahid (PS), bourgmestre d'Evere. On est encore dans une logique théorique sans réel soulagement. Cela fait des années que les Bruxellois attendent des mesures concrètes.". Le sujet sera à l'ordre du jour de la conférence des 19 bourgmestres bruxellois qui se réunit ce mercredi.

20
millions d'euros
Le montant payé en astreintes et indemnisations payées par l'Etat depuis un an.

Côté ministre, on précise que l'appel évoqué par Woluwe a été introduit par Kraainem et Wezembeek et que le jugement de 2018 est exécutoire et s'impose donc à l'État. L'étude d'incidence est quant à elle attendue en juin 2022. Georges Gilkinet hérite d'une situation noueuse. Onze actions en justice sont en cours dans un débat où interviennent les intérêts souvent divergents des communes survolées, des associations de riverains, de la Région bruxelloise, garante de normes de bruit et donc des deux communautés linguistiques. Ces derniers mois, l'État fédéral a dû débourser quelque 20 millions d'euros en astreintes et indemnisations.

Le résumé

  • Le gouvernement veut construire un dialogue entre communes survolées, aéroport, médiation et Région bruxelloise.
  • L'État a été condamné maintes fois pour son inertie dans un dossier où s'opposent les intérêts économiques liés à l'aéroport et ceux des habitants subissant les nuisances.
  • Le ministre Gilkinet mandate une modératrice indépendante pour une première réunion fin septembre.

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