La crise politique coûtera 1,8 milliard eur

Ce surcoût est dû aux 30 à 50 points de base (0,30 à 0,50%) qui viennent gonfler le taux d'emprunt de l'Etat fédéral parce que les investisseurs lui accordent moins de confiance que si un gouvernement de plein exercice était en place.

Alors que la Belgique paie plus cher pour emprunter sur le marché obligataire et que la charge d'intérêts de la dette publique est en hausse depuis le début de la crise politique mi-2010, la Belgique pourrait devoir débourser à terme, à cause de la situation politique incertaine, 1,8 milliard d'euros supplémentaires.

Ce surcoût est dû aux 30 à 50 points de base (0,30 à 0,50%) qui viennent gonfler le taux d'emprunt de l'Etat fédéral parce que les investisseurs lui accordent moins de confiance que si un gouvernement de plein exercice était en place.

L'aggravation récente de la crise politique augmente par ailleurs encore cette méfiance des investisseurs. Le budget 2012 sera dès lors lesté de 850 millions d'euros de charges supplémentaires, sur base annuelle. Cet alourdissement résulte de l'envolée des taux d'intérêt des obligations belges, avec un rendement des titres de dette à dix ans qui a atteint 5,423% mercredi.

Un risque plus élevé

Pour les prêteurs, un pays sans gouvernement de plein exercice présente un risque plus élevé qu'un État disposant d'un exécutif fonctionnel. Car on considère que le gouvernement peut à tout moment adapter la trajectoire budgétaire pour préserver la capacité de remboursement du pays. L'absence de solution politique en Belgique provoque donc une plus grande méfiance des opérateurs du marché obligataire (là où les États empruntent de l'argent pour refinancer leur dette) envers le Royaume.

Depuis le début de la crise politique belge, les spécialistes du marché estiment que le taux des emprunts obligataires à dix ans de la Belgique se situe 30 points de base (0,30 %) au-dessus de leur seuil "normal", c'est-à-dire du taux que paierait l'État belge pour emprunter si un gouvernement de plein exercice le dirigeait. Pour d'autres échéances que les obligations à dix ans, ce différentiel varie quelque peu, ce qui nécessite des calculs complexes.

Selon nos estimations, pour les obligations linéaires (Olo) émises depuis début 2011, la Belgique doit supporter un surplus de charge d'intérêt de 100 millions d'euros par an environ. Depuis le début de la crise politique et jusqu'à l'échéance des obligations, cela représente une surcharge de 1,7 milliard d'euros pour l'État. Jusqu'à présent...

Car l'État belge doit encore solliciter le marché d'ici la fin de l'année. Une émission d'obligations linéaires est prévue lundi prochain. Mais depuis la démission de Di Rupo, "le coût de la crise politique a augmenté et atteint facilement 50 points de base", estime Alexandre De Groote (Petercam Institutional Bonds). Ce dernier s'attend à ce que la Belgique lève encore 2 milliards d'euros en Olo. Le surplus de charge d'intérêt dû à la crise serait ici de 10 millions d'euros par an sur une moyenne de dix ans, soit 100 millions en tout. Au total, la crise politique coûterait donc quelque 1,8 milliard d'euros à l'État fin 2011.

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