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La crise sanitaire a mis les salaires sous pression

©AFP

Dans la plupart des secteurs, les salaires bruts moyens des nouveaux engagés n'ont pas augmenté depuis 2019. Au contraire, ils ont plutôt eu tendance à diminuer, ressort-il de données compilées par le prestataire de services RH SD Worx.

On pouvait s'en douter, mais pas l'affirmer: la crise sanitaire a eu un impact considérable sur les salaires des personnes engagées ces deux dernières années. Cette impression diffuse, une analyse par SD Worx de plus de 1,2 million de nouveaux contrats entre 2019 et juillet 2021 tend à la confirmer.

Horeca et industrie, premières victimes

Dans le secteur de l'hébergement et de la restauration, par exemple, le salaire moyen a dégringolé de 9,27%, passant de 1.983 euros brut en 2019 à 1.800 euros cette année. Cette chute, la plus importante, s'explique en grande partie au vu des nombreuses restrictions qu'ont connues les établissements horeca depuis l'émergence du coronavirus dans nos contrées. 

"Les employeurs de l'horeca recourent davantage qu'avant la crise aux contrats de jours et aux emplois flexibles."
Virginie Verschooris
Content Manager Reward & Data chez SD Worx

"Nous observons que les employeurs de ce secteur recourent davantage qu'avant la crise aux contrats de jours et aux emplois flexibles pour remplacer le personnel licencié, et ce en raison de l'incertitude pour l'avenir", contextualise Virginie Verschooris, Content Manager Reward & Data chez SD Worx. Une évolution qui n'est pas sans conséquence: ces contrats de jour, dont les salaires bruts sont moins élevés vu qu'ils impliquent moins de charges pour les patrons, tirent le salaire sectoriel moyen vers le bas.

L'heure n'est pas non plus à la fête dans l'industrie manufacturière, où la baisse du salaire moyen des nouveaux embauchés entre 2019 et 2021 atteint 4,63%. Dans les secteurs du commerce, de la santé, de l'enseignement ou encore de la finance et des assurances, même rengaine: les salaires des nouveaux contrats étaient plus élevés avant la crise qu'aujourd'hui.

Communication et transports tirent leur épingle du jeu

Mais il y a aussi des exceptions! Le secteur de l'information et de la communication ainsi celui que du transport et de l'entreposage semblent, quant à eux, tirer profit de la crise. Dans le premier, le salaire moyen s'établit à 3.534 euros, soit 1,07% de plus qu'en 2019, tandis qu’il atteint 2.454 euros dans le second, soit une hausse de 1,37%.

2.454
Euros
Le salaire brut moyen des nouveaux contrats dans le secteur des Transports et de l'entreposage s'élevait à 2.454 euros en 2021, une hausse de 1,37% par rapport à 2019.

"On peut émettre l'hypothèse que les services marketing ont été fort sollicités pour relancer certains produits alors que la crise s'éloigne, ce qui s'est traduit par une hausse de l'activité dans le secteur de l'information et la communication", explique Virginie Verschooris.

En ce qui concerne le secteur des transports et de l'entreposage, le lien avec le Covid paraît flagrant. "Beaucoup de gens ont procédé à des commandes en ligne pendant et après les confinements. La demande de stockage, ainsi que de transports pour livrer ces biens a donc augmenté", souligne notre interlocutrice.

Cas un peu particulier: le secteur de la construction. Alors que le salaire moyen y avait diminué en 2020, il est reparti à la hausse de 1,92% cette année, probablement en partie porté par la demande générée par les plans de relance.

Covid, mais pas que...

Attention, nuance-t-on chez SD Worx, si la pandémie a pesé lourd dans les diminutions observées, elle n'est toutefois pas seule en cause. Le prestataire de services RH souligne, par exemple, que l'âge moyen des signataires de contrats a baissé entre 2019 et aujourd’hui, ce qui joue évidemment sur les salaires de départ.

Par ailleurs, des  facteurs spécifiques aux secteurs sont parfois identifiables. Dans celui de la finance et des assurances, où une baisse de 8,02% de la moyenne des nouveaux salaires a été constatée entre 2020 et 2021, le Covid n’a probablement joué qu’un rôle marginal. "C’est un secteur en pleine évolution depuis quelques années avec la digitalisation. On y assiste, entre autres, à une réduction du nombre d’agences bancaires et à une extension des services en ligne", illustre Verschooris.

Cette dernière précise en outre que les chiffres précités ne prennent pas en compte les avantages extralégaux, auxquels de nombreux secteurs recourent toutefois.

Les salaires fixes évoluent moins qu'attendu

"Ceux qui n'ont pas changé d'emploi ces dernières années n'ont pas été beaucoup mieux lotis."

Dernier élément avant de conclure: SD Worx a constaté que ceux qui n'ont pas changé d'emploi ces dernières années n'ont pas été beaucoup mieux lotis. D'après ses données, la croissance générale des salaires des cols blancs, soit les travailleurs de bureau et les cadres, a été plus faible cette année qu’au cours des cinq précédentes. Seul le secteur des soins de santé a connu une augmentation notable de 2,4 %, indexation comprise.

Le résumé

  • Les salaires des nouveaux contrats ont diminué par rapport à la période pré-corona dans la plupart des secteurs.
  • L'horeca et l'industrie manufacturière sont les plus touchés.
  • Les secteurs de la communication et des transports tirent leur épingle du jeu, avec des salaires en légère hausse.

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