La Défense se sépare de ses drones et limite l'utilisation de ses hélicoptères

Outre une pénurie de personnel, la Défense évoque aussi un soutien industriel imparfait pour le NH-90. ©BELGA

La Défense annonce une réduction de l'utilisation de ses quatre hélicoptères NH90 dans leur version transport tactique. Les drones B-Hunter sont retirés du service anticipativement.

La composante Air de la Défense belge a annoncé mercredi le retrait anticipé de ses drones B-Hunter, ainsi qu'une diminution du plan de vol de ses quatre hélicoptères NH90 dans leur version TTH (transport tactique), basés à Beauvechain. 

"Aujourd'hui, notre organisation est en profonde mutation et nous sommes confrontés à un défi extraordinaire dans le domaine des ressources humaines. Dans ce contexte, il a été décidé de réduire le plan de vol de la version NH90 TTH (Troop Transport Helicopter) et de retirer le drone B-Hunter d'emploi quatre mois plus tôt que prévu", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué. "Les mesures liées à la version TTH du NH-90 sont dues à sa production opérationnelle limitée en raison d'un soutien industriel imparfait (qui menace de diminuer dans les années à venir) en raison de mises à niveau très coûteuses mais nécessaires et de pénuries en personnel", a explicité la Défense. Une petite pique au passage donc pour le constructeur européen NH Industries, un consortium qui regroupe Airbus Helicopters, Leonardo Helicopters and Fokker. 

La version navale privilégiée

Elle ajoute faire le choix de se concentrer prioritairement sur la version navale NFH (Nato Frigate Helicopter), qui, dans son rôle maritime, doit accroître l'efficacité des frégates et en même temps assurer la mission SAR (Search and Rescue, recherche et sauvetage, principalement en mer). Ces appareils à la livrée grise (alors que les TTH sont de couleur kaki) sont aujourd'hui basés à Coxyde, mais un déménagement vers l'aéroport d'Ostende est probable, la Défense ayant émis le souhait de réorganiser ses moyens sur la côte.

Appareil non armé, le drone B-Hunter doit être remplacé par le MQ-9B SkyGuardian américain, beaucoup plus évolué. ©BELGA

Appareils récents, les quatre TTH ont été livrés entre 2012 et 2014. Contacté par L'Echo, le commandant de la Composante Air, le général-major Frederik Vansina, a indiqué que le nombre d'heures de vol annuelles effectuées par les quatre TTH passerait d'un millier à environ 600, soit une diminution de 40%. "S'ils font ce qu'on leur demande, ce sont des appareils très complexes à entretenir et à mettre en oeuvre" a-t-il regretté, en précisant que le coût d'une heure de vol était compris entre 10.000 et 15.000 euros, "soit plus qu'un F-16".    

Le coût d'une heure de vol du NH90 est compris entre 10.000 et15.000 euros, soit plus qu'un F-16.

Le retrait d'emploi des UAV ("Unmanned Aerial Vehicle") B-Hunter utilisés par le 80e squadron (escadrille) de Florennes est quant à lui moins surprenant. Selon la Défense, le B-Hunter actuel, un appareil non armé, n'a qu'une faible disponibilité et "ne répond plus aux normes et aux exigences des théâtres opérationnels actuels". Ce retrait anticipé permettra au personnel de se préparer de manière optimale au déploiement prévu en 2023 des quatre drones Male (Medium Altitude, Long Endurance) MQ-9B SkyGuardian commandés en 2018 et de renforcer d'autres systèmes d'armes.

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