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analyse

La dépénalisation de l'IVG malmenée par les négociations fédérales

L'ex-informateur Paul Magnette a assuré que, si le CD&V le souhaitait, les questions éthiques pourraient être discutées dans le cadre de négociations gouvernementales. ©BELGA

La proposition de loi dépénalisant totalement l'avortement semblait pouvoir être votée rapidement. Mais elle pourrait bien se transformer en monnaie d'échange dans le cadre des négociations fédérales...

Il y a une majorité au Parlement pour voter la proposition de loi élargissant les conditions de l'avortement. Pourtant, ce texte pourrait ne jamais être transformé en loi, pour raisons de négociations fédérales.

Les articles de la proposition avaient été approuvés le 27 novembre. PS, sp.a, MR, Open Vld, PTB, les Verts et DéFI portent le texte final. Mais le CD&V n'en veut pas. Il ne fait pas le poids et, donc, il a décidé de jouer la montre. Il a demandé une deuxième lecture. Le parti de Joachim Coens dit qu'il ne montera pas dans une coalition fédérale si ce texte est voté à la Chambre. Or, personne, parmi les partis partants pour un arc-en-ciel, n'a intérêt à laisser les démocrates-chrétiens flamands dans l'opposition, sachant que l'aile flamande d'un gouvernement fédéral sans la N-VA (ni le Vlaams Belang) sera de toute façon minoritaire en Flandre.

Un bug retarde tout

La deuxième lecture du texte devait avoir lieu ce mercredi. Mais la proposition de loi n'a pu être inscrite à l'ordre du jour. Pourquoi? Un problème informatique a retardé la publication du texte adopté. Le délai requis entre la publication du rapport et la deuxième lecture ne sera pas écoulé mercredi. Ce sera donc pour vendredi.

Que dit le nouveau texte? Lisez L'avortement bientôt totalement dépénalisé

Les auteurs de la proposition de loi veulent faire voter sur l'ensemble du texte avant la fin de l'année. Mais une déclaration du président du PS Paul Magnette sème le trouble. L'ex-informateur royal a expliqué, sur RTL TVi le week-end dernier, que si le CD&V le souhaitait, les questions éthiques pourraient être discutées dans le cadre de négociations gouvernementales. Pas encore de consigne officielle, mais ne faut-il pas comprendre que sont visées là les discussions autour de la dépénalisation de l'IVG?  

Et évidemment, tout cela braque les autres partis qui portent la proposition. Denis Ducarme, ministre fédéral MR, a écrit sur Twitter:

Pour le CD&V, comme pour les autres éventuels partenaires, l'enjeu est délicat. Que pèse un débat éthique face à la possibilité d'échafauder enfin un gouvernement, d'élaborer un vrai budget? Certains auront du mal à justifier leurs choix face à leurs électeurs. Mais c'est écrit, le prochain gouvernement ne pourra que se former dans la douleur...

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