La FGTB ne digère pas la prépension à la sauce Michel

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C’est non. Le syndicat socialiste ne peut accepter les modifications apportées par le gouvernement sur la question de la disponibilité des prépensionnés et des chômeurs âgés.

Ainsi donc, le gouvernement a "osé". Les syndicats avaient pourtant montré les dents: l’accord négocié la semaine dernière par les partenaires sociaux était "un et indivisible". Au final, le gouvernement a rappelé qui tenait le gouvernail de ce pays – lui, et pas le "groupe des dix" réunissant patrons et syndicats. Tout en se montrant relativement ouvert au compromis. Parce que l’accord obtenu en kern vendredi soir, après de looooongues heures de négociation, reprend en partie les propositions formulées en matière de prépension par les partenaires sociaux, tout en durcissant le ton de-ci de-là.

Je suis très déçu du ton agressif de la FGTB alors que nous avions convenu, ce lundi matin au sein du Groupe des 10, de consulter nos bases respectives avant de voir, mercredi, comment réagir et si nous allions réagir ensemble.
Pieter Timmermans
administrateur délégué de la FEB

Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à la FGTB. Qui estime que le gouvernement s’assied sur la concertation sociale. Et que le concept de "disponibilité adaptée" relève tant de la "coquille vide" que de la "boîte de Pandore". Bref, le syndicat socialiste rejette les modifications apportées et s’en tient au plan d’actions qui sera élaboré en front commun. Au sein de la CSC, la réaction est pour l’heure mesurée. C’est que les instances ne se réunissent qu’aujourd’hui pour définir la ligne officielle. "Nous nous posons beaucoup de questions sur la notion de disponibilité adaptée, avance déjà Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale du syndicat chrétien. Et redoutons que cela ne rajoute à l’insécurité juridique actuelle." Le syndicat libéral se positionnera aussi ce mardi. Quant au monde patronal, il ne devrait pas ruer dans les brancards. "La confiance est maintenue", a déjà fait savoir la FEB.

- Prépensions avant le 1er janvier 2015. Les intentions initiales du gouvernement ont donné des sueurs froides aux syndicats, à deux doigts de la crise d’apoplexie. Notez que le CD&V, à qui le MR a fini par emboîter le pas, en avait aussi perdu le sommeil. La mesure honnie, la voici: les prépensionnés n’ayant pas soufflé leurs 60 bougies au 31 décembre 2014 devaient se représenter activement sur le marché du travail. Autrement dit, chercher un emploi, sous peine de sanctions. Une mesure rétroactive qui change les règles du jeu en cours de partie, se sont étranglés les syndicats. Il faut dire que, si elles avaient su cela, bon nombre de personnes passées sous RCC (régime de chômage avec complément d’entreprise, le petit nom officiel de la prépension) n’auraient sans doute jamais accepté de quitter leur entreprise.

Le gouvernement a pris la mesure de cette fronde, revenant sur une décision à tout le moins teintée de maladresse. L’obligation de se retrousser les manches tombe donc pour ceux qui étaient prépensionnés en 2014, mais aussi pour les personnes licenciées en 2014 mais ne bénéficiant par encore du RCC ou encore celles qui feront les frais d’une restructuration annoncée avant le 9 octobre 2014.

- Nouveau régime des prépensions. Sur ce chapitre, le gouvernement s’est écarté des recommandations du groupe des dix. Des nouveaux entrants dans le régime RCC, le gouvernement réclamait à la base une disponibilité active jusque 65 ans. Les partenaires sociaux, eux, recommandaient une disponibilité passive, obligeant le prépensionné à se bouger si jamais il recevait une offre d’emploi, mais pas à remuer ciel et terre pour décrocher un nouveau poste. Eh bien, Michel I a décidé d’inventer un nouveau concept, à mi-chemin des deux autres; la disponibilité adaptée. Soit du sur-mesure, qui sera défini au cas par cas. Un concept encore vague, qui doit être peaufiné en concertation avec les Régions. La règle générale devient donc, tant pour les prépensionnés que pour les chômeurs âgés: disponibilité adaptée jusqu’à 65 ans à dater de 2015. Avec des exceptions pour les personnes ayant plus de 60 ans et 42 ans de carrière, ou plus de 62 ans et 43 ans de carrière. Une disposition qui sera réévaluée en 2017.

- Entreprises en difficulté et en restructuration. Histoire de fixer un cap, le gouvernement confirme sa volonté de porter l’âge de la disponibilité à 65 ans, ou 43 ans de service, et ce à l’horizon 2019.

- Métiers lourds et carrières longues. Métiers lourds, travail de nuit, secteur de la construction et carrières longues: dans ce cas, la disponibilité est fixée à 60 ans ou 40 de carrière pour la période 2015-2016 et à 62 ans pour les deux années suivantes. Révision en 2018.

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