La Flandre pas sûre de vouloir des crédits carbone wallons

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La ministre flamande Zuhal Demir était la première à arriver à la COP25 de Madrid, mardi, à la veille de la première réunion des quatre ministres du climat. Alors que la Flandre va devoir acheter des crédits carbone pour compenser sa sortie de route climatique, la ministre n’est pas sûre d’utiliser le droit de préférence dont jouit la Flandre pour les crédits wallons: "Peut-être qu'on peut trouver moins cher ailleurs", dit-elle.

On la croise par hasard dans les méandres la conférence climatique de Madrid: la ministre flamande Zuhal Demir (NVA) est la première des quatre ministres belges attendus à la COP25 à être arrivée sur les lieux. "J'étais la dernière à remettre mon plan climat, mais la première à arriver [à la COP25]", souligne-t-elle – c’est elle qui représente la Belgique au segment ministériel de la Conférence.

La Flandre est dans le rouge en matière de réductions d’émissions et risque de devoir payer une amende de 433 millions d’euros si elle ne prend pas de mesures. Selon nos confrères du Tijd, elle devrait acheter pour 42 millions d'euros de crédits carbone pour éviter la sanction. La ministre Demir ne confirme pas le montant: "C'est un peu prématuré", indique-t-elle, ajoutant que cela dépendra notamment du vendeur. "Nous avons un droit de préférence en Wallonie, mais peut-être qu'on peut trouver moins cher ailleurs", indique-t-elle.

Peut-être qu’on peut trouver des crédits carbone moins chers qu’en Wallonie.
Zuhal Demir
Ministre flamande du Climat

Combien de crédits la Wallonie proposerait-elle et à quel prix ? "Jusqu’ici, il n’y a eu aucune demande officielle de la Flandre ", souligne Philippe Henry, en chemin vers Madrid. "Pour nous, rien n’est exclu, ni de les vendre à la Flandre, ni de les valoriser ailleurs".

La Flandre dispose d’un droit d’échange préférentiel auprès de la Région wallonne pour les crédits qui seraient disponibles en 2020. Mais la Wallonie n’aura pas de bilan définitif de son dépassement d’objectif avant 2022. Le nombre d’unités qui pourront éventuellement être vendues à la Flandre n’est donc pas connu, et il appartiendra à la Wallonie de déterminer si elle a plus intérêt à vendre ses unités Kyoto ou à les garder pour les reporter sur une période ultérieure, explique-t-on dans l’entourage du ministre. La décision résultera d’un accord bilatéral, une décision politique.

Un PNEC pour le 18

Pour la Belgique, l’événement de cette COP sera la première réunion, mercredi à 15h, des quatre ministres en charge du climat depuis l’entrée en fonction des gouvernements régionaux. Avec pour premier enjeu le cadrage du Plan national énergie-climat pour 2030 (PNEC), que la Belgique doit remettre avant la fin de l’année à la Commission européenne. "J'espère que nous aurons rapidement un plan national", indique Demir. La ministre fédérale Marie-Christine Marghem (MR) a dit vouloir aboutir pour le 18 décembre - "C'est aussi ce que je veux, assure Demir. Et si tout le monde le veut, ça doit marcher."

Lundi, le gouvernement flamand annonçait un objectif de 32,6% de réductions d’émissions de CO2 pour 2030, ouvrant la voie à la définition d'un plan "national" compilant les contributions régionales et fédérale.

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