analyse

La N-VA et le PS poussés à travailler ensemble

Geert Bourgeois, pour la N-VA, et Rudy Demotte, pour le PS, pourraient prendre la barre des négociations fédérales. ©BELGA

Didier Reynders et Johan Vande Lanotte en terminent avec une mission d’information de quatre mois quasi stérile. Les deux premiers partis du pays sont invités à collaborer. Geert Bourgeois et Rudy Demotte sont pressentis pour prendre les choses en main.

Ils en seraient presque fiers, de leur record, nos deux informateurs royaux. Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, après un dernier rapport au Roi, ont fait le bilan de ce qui aura été la plus longue mission d’information de l’histoire des formations du gouvernement fédéral belge.

Voici quatre mois en effet que les deux hommes multiplient les contacts et synthétisent les convergences politiques en vue de déblayer le terrain fédéral, compliqué par le résultat des élections du 26 mai. Ils ont été déchargés de leur tâche ce lundi par le Palais. Avec quel résultat? L’ouverture d’une nouvelle séquence – celle d’une préformation? mystère – pilotée par la N-VA et le PS, les deux partis les plus importants en sièges de la Chambre. Ceci prioritairement avec MR, Open Vld, sp.a et CD&V. Les six partis "sont en mesure de former un gouvernement fédéral", selon Didier Reynders et Johan Vande Lanotte.

Qui lancer dans l’arène? Un tandem Bourgeois-Demotte se dégagerait.

Qui lancer dans l’arène? C’est la question se pose au Palais Royal. Au PS, plusieurs noms circulent dont ceux de Jean-Claude Marcourt, président du Parlement wallon et négociateur fédéral en titre, et de Rudy Demotte, ex-ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles. Le premier cité serait handicapé par ses liens avec le dossier Nethys et les relations parfois évoquées par la presse entre le PS liégeois et la N-VA dans des dossiers financiers.

A l’heure de boucler ces lignes, la cote de Rudy Demotte montait donc sérieusement. Ce dernier à l’avantage d’être bilingue. A la N-VA, on pense à Liesbeth Homans, présidente du Parlement flamand mais, de manière plus appuyée à Geert Bourgeois, ex-ministre-président. Pour l’heure, le Palais royal tient sa décision en suspens.

Le PS peu emballé

Une nouvelle pause qui pourrait s’expliquer par une difficulté au PS où l’idée de commencer ce compagnonage avec la N-VA ne soulève pas l’enthousiasme. C’est vrai en interne comme dans la commuication externe du parti. Paul Magnette et Laurette Onkelinx sont sortis la semaine dernière pour rappeler le fossé qui subsistait entre les deux partis.

Les deux informateurs royaux estiment avoir rassemblé les six partis au moins sur les défis à relever. Ils sont surtout budgétaires, concernent la concertation sociale, le marché du travail et le pouvoir d’achat.

Mais pour jouer le jeu fédéral sans exposer ni Paul Magnette qui n’est pas encore président du PS ni Elio Di Rupo qui l’est toujours mais vient de prendre la tête du gouvernement wallon, le PS se doit d’envoyer d’autres cadors comme Marcourt et Demotte. La N-VA, elle, presse le PS depuis des semaines d’entamer des pourparlers, pourquoi pas pour négocier une réforme institutionnelle. Le PS n’y est apparemment pas opposé si elle ne débouche pas sur le confédéralisme sauce N-VA et la scission de la Sécu. Le noeud est donc loin d’être dénoué.

Les deux informateurs royaux estiment avoir rassemblé les six partis au moins sur les défis à relever. Ils sont surtout budgétaires, concernent la concertation sociale, le marché du travail et le pouvoir d’achat. Rien de très original.

Il est pourtant des optimistes. Le vice-Premier ministre Open Vld Alexander De Croo est de ceux là. "Avant les élections, les partis soulignent leurs différences, mais après les élections, ils doivent regarder sur quoi ils sont d'accord", a-t-il dit dans De ochtend sur Radio 1 ce lundi.

"Il serait illogique de remplacer un Premier ministre démissionnaire par un autre Premier ministre démissionnaire."
Alexander De croo
Vice-Premier ministre Open Vld

Il estime que les différences entre PS et N-VA sont moins profondes qu’elles ne paraissent. Pour Alexander De Croo avoir une gouvernement de plein exercice avant la fin de l’année est parfaitement jouable. "Il serait illogique de remplacer un Premier ministre démissionnaire par un autre Premier ministre démissionnaire", affirme-t-il alors que le départ de Charles Michel pour le Conseil européen est prévu en décembre.

Ce qui pourrait aider à ce noble objectif, c’est le liant que les deux informateurs royaux estiment avoir obtenu entre les six partis précités. Dans leur communication, il veulent souligner "le caractère agréable et serein des contacts tant avec qu’entre les interlocuteurs". "Ce respect mutuel et cette volonté d’écoute, qui vont au-delà de la frontière linguistique, ne sont en rien un détail. Ils constituent même la base d’un éventuel accord à venir", affirment-ils.

Dans quels délais? La question reste entière alors que cinq des six partis concernés sont en campagne pour renouveler leur présidence. Une situation qui risque de faire jouer la montre aux responsables qui seront désignés dans les prochaines heures pour lancer la formation du prochain gouvernement.

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