"La N-VA supplie pour monter au pouvoir"

Le président du PS, Paul Magnette, juge que la crise a fait tomber des tabous à droite. ©BELGA

La crise du coronavirus a fait tomber des tabous à droite sur les soins de santé et la politique budgétaire, selon le président du PS, Paul Magnette. Pour autant, un accord entre les socialistes et la N-VA semble toujours bien lointain.

Le président du Parti Socialiste Paul Magnette estime que la crise du coronavirus a fait tomber plusieurs tabous à droite sur les soins de santé et la politique budgétaire. Mais pour envisager un accord avec la N-VA comme l'ont encore réclamé Jan Jambon et Theo Francken ce week-end, il faudrait que les nationalistes flamands rejoignent plusieurs "grands combats", a-t-il prévenu non sans scepticisme.

"Un certain nombre de tabous qui gelaient la situation depuis des mois sont en train de tomber."
Paul Magnette
Président du PS

"Je l'ai toujours dit: nous n'avons rien en commun avec la N-VA, mais s'ils comprennent qu'il faut rejoindre les grands combats sur le pouvoir d'achat, contre la pauvreté, pour la transition climatique, pour la justice fiscale, alors cela change évidemment fondamentalement", a répété dimanche M. Magnette sur le plateau de L'Invité (RTL-TVi). Il évoque aussi un relèvement des bas salaires, une augmentation des basses allocations, un refinancement de la Sécurité sociale, un plan d'investissement pour la transition durable et une taxation sur les revenus du grand capital.

En résumé, la partie de tennis entre les deux partis semble encore avoir de beaux jours devant elle.

Un rapport lors de la semaine du 15 juin?

Paul Magnette a mené ces dernières semaines avec le président du sp.a Conner Rousseau des rencontres bilatérales avec les présidents des dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux du gouvernement fédéral. Avec le président de la N-VA Bart De Wever, "l'ambiance n'est jamais très chaleureuse, mais on est des professionnels, on sait mettre les divergences personnelles de côté" pour ce type de rencontre, a-t-il commenté. Si le travail du duo est actuellement mis en sourdine pour se focaliser sur les mesures à discuter au "superkern" encore samedi prochain, la semaine du 15 juin pourrait être propice pour la conclusion d'un rapport.

"Chacun reconnaît désormais que l'Etat doit être plus efficace, même si les grandes réformes ne sont pas pour tout de suite, mais pour 2024."
Paul Magnette
Président du PS

"Un certain nombre de tabous qui gelaient la situation depuis des mois sont en train de tomber: plus personne n'ose encore dire qu'il faut faire des économies dans les soins de santé, même chose concernant le retour à l'équilibre budgétaire en 2024", selon le socialiste. "Partout, donc aussi chez les libéraux, les chrétiens-démocrates et les verts, mais aussi à la N-VA, la perception change. Chacun reconnaît désormais que l'État doit être plus efficace, même si les grandes réformes ne sont pas pour tout de suite, mais pour 2024", a ajouté M. Magnette sur le plateau du "Zevende Dag" (VRT).

PS-N-VA, ça coince encore

Pour autant, le socialiste accueille sans enthousiasme les déclarations récurrentes de ténors de la N-VA plaidant pour une alliance avec son parti, comme ce week-end encore Jan Jambon et Theo Francken. Le second a même jugé que le renforcement du pouvoir d'achat et l'augmentation des bas salaires pouvaient constituer une base en vue d'un "accord historique entre les nationalistes flamands et les sociaux-démocrates".

"Aujourd'hui, le PS est incontournable, mais pas la N-VA."
Paul Magnette
Président du PS

"Ce n'est pas ce qu'ils disaient en 2014. Aujourd'hui, le PS est incontournable, mais pas la N-VA. Ils supplient de monter au pouvoir (au Fédéral). On comprend qu'ils peuvent difficilement dire vouloir gouverner avec le PS, mais ne rien vouloir entendre de son programme", a relativisé Paul Magnette.

Le Carolo relève aussi des contradictions dans le discours de la N-VA vis-à-vis du PS, après les fortes critiques de l'ancien ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) contre la proposition socialiste de plan de relance. Cette proposition, a tenu à préciser Paul Magnette, ne porte pas sur 50 milliards d'euros mais 38 milliards, en tenant compte des mesures déjà prises. "Et avec ce que l'on a décidé samedi (au "superkern", NDLR), on est déjà à 25 milliards".

Wilmès à la manoeuvre?

Interrogé sur la personne de la Première ministre Sophie Wilmès (MR) pour incarner l'initiative qui devra être prise à un moment donné sur la formation d'un nouveau gouvernement, M. Magnette a répondu n'avoir "aucune exclusive, mais cela pourrait fort bien être Sophie Wilmès".

Le vice-Premier ministre CD&V Koen Geens n'a pas dit autre chose. Interrogé à son tour par la VRT, il n'a pas tari d'éloges sur la réformatrice. "Elle a reçu au début de la crise du coronavirus une tâche ingrate, et elle l'a assumée. Cela nécessite beaucoup de courage. Aujourd'hui, Sophie Wilmès dirige le gouvernement et je pense qu'elle livre une bonne prestation. Tant pendant la crise qu'au moment de la relance, elle réalise un beau parcours", a affirmé M. Geens. Il continue de réclamer un gouvernement incluant PS et N-VA, les formations arrivées en tête dans leur communauté.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés