La N-VA veut entrer à la SNCB

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Les nationalistes flamands profitent de l’abandon d’un mandat par un proche d’Elio Di Rupo pour réclamer une révision en profondeur du Conseil d'Administration des chemins de fer.

L’occasion fait le larron, dit le dicton. Quelques heures à peine ont suffi à la N-VA, après la publication de la nouvelle selon laquelle un administrateur socialiste abandonnait son mandat d’administrateur à la SNCB, pour réclamer une révision en profondeur de la composition du conseil d’administration (CA) des chemins de fer belges. "Une demande en ce sens a effectivement été déposée", détaille une source gouvernementale. "Et elle va atterrir sur la table du gouvernement".

Et la démission surprise du PS Luc Joris, vendredi dernier ("L’Echo" du 3 mars) menace de transformer le CA de l’entreprise publique en véritable souk. Composé sous le gouvernement Di Rupo, le conseil d’administration reflète la majorité fédérale de l’époque (PS, MR, cdH, sp.a, CD&V et Open VLD) et n’est plus en phase avec la coalition actuellement au pouvoir (MR, N-VA, CD&V, VLD). Ajoutez à cela que les entités fédérées doivent désigner des représentants (un par Région), et vous aurez un conseil de 13 membres, auquel le fédéral va devoir ajouter la désignation d’un membre supplémentaire afin d’obtenir un conseil paritaire de 14 représentants — la parité linguistique étant une condition sine qua non de la validité des décisions qui y sont prises. Vous suivez? Les Régions n’ont toujours pas désigné leurs administrateurs, ce qui hypothèque les décisions du CA actuel. Mais ce n’est pourtant pas le problème qui taraude le plus le gouvernement fédéral…

La défection du socialiste Luc Joris plonge en effet le gouvernement — mais singulièrement les libéraux, le seul parti francophone à bord — dans un questionnement profond. Car plusieurs voies s’ouvrent à eux.

Soit ils acceptent d’ouvrir la porte à une recomposition du conseil dans sa globalité, soit ils procèdent au remplacement pion pour pion de Luc Joris en limitant les changements au strict minimum.

S’ils accèdent à la demande de la N-VA d’ouvrir à une recomposition en profondeur, c’est évidemment dans un seul objectif: laisser entrer un ou des administrateurs N-VA, sur le quota du fédéral, à la place des administrateurs d’autres partis flamands. "Cela a du sens de mettre le CA en adéquation avec la majorité actuelle", soutient un libéral. La N-VA, avec son poids électoral, peut aisément prétendre à deux administrateurs. L’autre issue est de remodeler le conseil a minima et de simplement remplacer Luc Joris.

Retour de Laurence Bovy?

Oui, mais… Car il y a un "mais"… Faut-il remplacer ce PS par un administrateur PS ou le MR va-t-il en profiter pour mettre la main sur un poste d’administrateur supplémentaire? Dilemme chez les libéraux. Au MR, les choix sont soupesés avec soin: "éjecter le Parti socialiste, ce serait un casus belli", soupire un libéral. C’est prendre le risque d’un retour de flammes dans d’autres institutions dominées par le PS. A trancher, donc.

Reste que plusieurs candidats sont déjà sur les rangs pour remplacer Luc Joris — tant au parti socialiste qu’au MR. L’un des noms avancés du côté socialiste est l’ex-chef cab’ de Laurette Onkelinx, Laurence Bovy. Elle a déjà, dans le passé, présidé le CA de la SNCB et a donc une solide expérience.

Interrogé, le président du conseil d’administration, le MR Jean-Claude Fontinoy, n’a pas voulu commenter les informations de "L’Echo".

Pour rappel, Luc Joris a mis un terme jeudi dernier à l’exercice de ses mandats publics à la SNCB, à la FN Herstal et à la SRIW, des mandats pour lesquels il avait été désigné par le Parti socialiste. Luc Joris est gérant d’une société de management et de consultance financière basée au Luxembourg. Les statuts de la société indiquent aussi que celle-ci a vocation à gérer de biens mobiliers et immobiliers tant au Grand-Duché que partout à l’étranger.

Ce médecin militaire de formation a acquis les parts de la société "Bremco management" en septembre 2012. Le bilan comptable luxembourgeois renseigne un montant de 108.208 euros pour l’exercice 2012 et 57.136 euros pour l’exercice 2013.

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