analyse

La note Coens-Bouchez sème la confusion

©Tim Dirven

En coulisse, l’arc-en-ciel élargi ou coalition Vivaldi tient toujours la corde. On cherche encore à rassurer le CD&V.

Jusque dans l’entourage de l’information royale, on le concède: la note Bouchez/Coens, qui a fait l’objet de nombreuses fuites dans la presse ce jeudi, a sans doute souffert d’un défaut de relecture. Une attention accrue aurait sans doute pu éviter un effet de surprise au sein de certains partis. Un effet de surprise qui a rajouté à la confusion quant à l’avenir de la formation du gouvernement fédéral.

Jusqu’ici, et en résumé, il ressortait du processus une volonté commune de faire vivre une coalition associant libéraux, socialistes, écologistes et CD&V autour d’un projet centriste, seule piste offrant une majorité satisfaisante alors que toute alliance PS/N-VA est impossible. À l’évidence, le travail de la note de l’informateur Paul Magnette était trop à gauche pour parvenir à un tel consensus.

Les éléments qui ressortent de la version Coens-Bouchez paraissent cette fois trop à droite et trop conservateurs pour satisfaire les socialistes et les écologistes. La note a même permis à la N-VA de jouer sa carte constructive, Bart De Wever se disant agréablement surpris par un travail correspondant davantage au respect des intérêts flamands. La N-VA est le seul parti qui s’est ouvertement positionné de manière aussi favorable.

Jeux stratégiques

Même l’Open Vld, qui avait durement rejeté l’exercice de Paul Magnette, n’y trouve pas son compte, relevaient certains organes de presse flamands. "Il y a là aussi une affaire de stratégie. L’Open Vld ne pouvait pas valider avec trop d’enthousiasme un travail mené par le CD&V", commentait-on derrière le rideau de scène. "Il y a bien sûr un certain nombre de choses qui ne s’y trouvent pas et cela peut naturellement être plus libéral, mais on est à des kilomètres de la note Magnette qui était imbuvable", a rectifié le député Open Vld Vincent Van Quickenborne. Sur cette base, on peut discuter".

Tout le monde est conscient que le CD&V doit passer un cap.

On en est encore aux jeux stratégiques. En coulisse. On confirme, à droite comme à gauche, que l’option arc-en-ciel élargi/Vivaldi est toujours d’actualité. Tout ce ramdam ne servirait qu’à contenter le CD&V "qui a besoin que la N-VA approuve le projet sur le fond à un moment donné", même si les nationalistes sont promis à l’opposition.

Les partis de gauche se sont répandus en off dans la presse pour dire à quel point la note était brouillonne et insatisfaisante. Le PS juge la note "imbuvable". "Tous les éléments progressistes ont été escamotés", dit-on. Les socialistes ronchonnent mais ne claquent pas la porte.

De l’autre côté, on entend que ces observations sont caricaturales et ne correspondent en rien à la teneur des discussions. "Tout le monde est bien conscient que le CD&V a besoin de passer un cap, il est difficile de comprendre pourquoi des partis qui poursuivent ce même objectif s’évertuent à briser cette tentative", glisse une personnalité impliquée.

Une journée MR-CD&V

Côté PS et Ecolo, on compte visiblement sur l’ego de Georges-Louis Bouchez qui tient comme à la prunelle de ses yeux à la réussite de sa mission.

Jeudi à gauche, le ton était toutefois moins violent. "On ne doit pas donner trop d’importance à cette note, glisse un proche des négociations. Elle n’est là que pour servir les intérêts du CD&V." "Il y a des éléments qui circulent et qui sont exacts et d’autres qui ne le sont pas. J’ai d’ailleurs compris que l’on allait fortement adapter cette note", a d’ailleurs souligné Kristof Calvo, député Groen à la VRT. "Les différences sont moins grandes (avec la note Magnette, NDLR) que ce que certains laissent penser", assure-t-il. Les verts se disent toujours disponibles. "Il y a sept mois que l’on cherche une solution avec la N-VA mais ‘solution’ et ‘N-VA’, ce sont des notions difficiles à concilier", dit encore Kristof Calvo.

Côté PS et Ecolo, on compte visiblement sur l’ego de Georges-Louis Bouchez qui tient comme à la prunelle de ses yeux à la réussite de sa mission. "Heureusement il reste encore quatre jours avant le rapport au Roi", entend-on au MR. Jeudi, la rumeur indiquait qu’une réunion multipartite dite "Vivaldi" serait organisée vendredi mais on se dirigerait plutôt vers une grosse journée de travail entre MR et CD&V.

À ce stade, N-VA, PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo, Groen, CD&V, cdH et DéFI n’ont toujours pas été invités à dire oui ou non à un projet de base de négociation. Tout ce petit monde est toujours à table et la question de la coalition n’est pas officiellement tranchée. Le sera-t-elle avant le rapport d’information attendu au Palais lundi? Rien n’est moins sûr.

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