interview

"La réforme de l'Isoc pourrait encore être opérationnelle en 2017"

©Dieter Telemans

Johan Van Overtveldt (N-VA) revient sur l'épineux dossier de la réforme de l'impôt des sociétés, "une réforme primordiale", selon le ministre des Finances.

Ca ne respecte rien, une fissure. Et là, elle s’y sont mise à plusieurs et courent sur les murs et plafonds de la majestueuse cage d’escalier du 12, rue de la Loi. Se jouant des ors et moulures ornant le cabinet du grand argentier. "Ce qui est surtout impressionnant, c’est la vitesse à laquelle elles s’agrandissent", pointe le ministre des Finances, avec un demi-sourire en coin. Il en faut plus pour troubler le flegme de Johan Van Overtveldt.

Le Premier ministre qui a repris la main dans le dossier de la réforme de l’impôt des sociétés, que vous pilotiez jusque-là, n’avez-vous pas vécu cela comme un échec? Une sorte de désaveu?
Loin de là. Il faut quand même rappeler l’historique de ce dossier. Lorsque je l’ai déposé sur la table du gouvernement il y a plus ou moins un an, on m’a demandé si j’étais légèrement dérangé ou tout à fait fou. A cette époque, ce thème ne vivait pas encore, même s’il constituait déjà, pour moi, une priorité, au vu du contexte international et des actions de la Commission ou de l’OCDE. A présent, la réforme de l’Isoc est devenue "LE" thème sensible au sein du gouvernement; il est normal que le Premier soit entré dans la danse. Le traitement politique est entre les mains de Charles Michel, de même que la question des plus-values et de la canalisation de l’épargne; le cabinet Finances reste le "fournisseur technique".

"Si l’on arrive à un accord avant la fin février, elle pourra encore être opérationnelle en 2017. Les premiers versements anticipés sont pour mars."
Johan Van Overtveldt (N-VA)
Ministre des Finances

Regrettez-vous la liaison effectuée entre ces trois dossiers?
La réforme de l’Isoc est primordiale. Pas pour moi ou même la N-VA, mais pour l’économie belge. Ce lien, ce n’est pas moi qui l’ai noué et je regrette qu’il existe. Mais le fait politique est là.

©Dieter Telemans

L’Open Vld a déjà exprimé qu’il ne fallait pas compter sur lui pour taxer les plus-values. La N-VA pourrait-elle vivre avec une imposition allant dans ce sens?
Vu la délicatesse du sujet, je ne vais pas me prononcer sur le contenu des négociations et dire quelque chose qui hypothéquerait quoi que ce soit. Mais puisque l’on parle de plus-values, il ne faudrait pas oublier qu’il existe, en Belgique, déjà pas mal de taxes sur le capital. A hauteur de 10,6% du PIB, chiffre la Commission, ce qui nous place en tête au sein de l’Union européenne. Le débat des plus-values doit évidemment s’inscrire dans ce cadre-là.

Quand cette réforme doit-elle aboutir?
Si l’on arrive à un accord avant la fin février, elle pourra encore être opérationnelle en 2017. Les premiers versements anticipés sont pour mars.

→ Retrouvez l'interview complète de Johan Van Overtveldt dans notre édition de ce week-end

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés