La relance économique, c'est bien plus qu'un débat sur l'indexation

Réformer l'indexation afin d'assurer une relance économique? Il ne sera pas facile d'en convaincre tout le monde au sein du gouvernement...

Avant d'entamer les discussions sur la relance, et l'indexation des salaires, il faudra attendre l'actualisation de l’avis du Conseil central de l’économie sur les marges salariales. Si l'indexation est présenté comme un dossier incontournable, bien d'autres mesures devraient aussi atterrir sur la table du gouvernement...

Le gouvernement Di Rupo annonce une réflexion sur un plan de relance, et l’indexation automatique des salaires revient instantanément sur la table. Comme si la première réponse aux défis économiques du pays ne pouvait être que celle-là. Le débat affiche une acuité particulière car les employeurs pourraient être confrontés à deux indexations des salaires en 2012, ce qui serait "extrêmement dangereux" pour l’économie belge, a déclaré l’administrateur délégué de la Fédération belge des entreprises, Rudi Thomaes.

Thomaes se garde toutefois bien de s’attaquer au principe de l’indexation. Il préconise plutôt une adaptation "intelligente et non agressive". Le secrétaire d’État Hendrik Bogaert (CD&V) suggère ainsi un plafonnement de l’index pendant 5 ans, le temps de rattraper le handicap salarial belge.

Le vice-Premier MR, Didier Reynders, propose, lui, de ne plus indexer les salaires au-delà d’un certain seuil. "Quand on indexe Didier Bellens de 1%, c’est plus que le salaire annuel d’un de ses employés", a-t-il confié au "Soir". Dans un tel cas, l’argument de la préservation du pouvoir d’achat n’est effectivement guère pertinent.

Jusqu’à présent, le PS a balayé les propositions de ce type, de crainte que l’ouverture d’une petite brèche, même d’apparence raisonnable, ne conduise peu à peu au démantèlement du mécanisme de l’indexation automatique des salaires (par ailleurs bétonné, noir sur blanc, dans l’accord de gouvernement).

La cause est-elle donc entendue? Pas forcément. Le gouvernement a sollicité une actualisation de l’avis du Conseil central de l’économie (novembre dernier) sur les marges salariales. Il sera remis dans une quinzaine de jours. Sur cette base, une négociation s’ouvrira. Elle ne se limitera toutefois ni à l’index ni aux membres du gouvernement fédéral. Le Premier ministre, Elio Di Rupo, souhaite en effet associer les entités fédérées et les partenaires sociaux à la confection d’un plan national de relance, qui devrait être prêt pour le 21 juillet. Entre-temps, on peut espérer que le gel des prix de l’énergie et la réflexion sur leur évolution atténuent de fait l’importance de l’indexation des salaires.

Soutenir l’innovation

Quelles mesures pourrait contenir ce plan de relance? Sollicités par "L’Echo", les partis de la majorité ont opté pour le silence, sans doute pour ne pas se torpiller les uns et les autres, comme cela s’était passé avant le contrôle budgétaire.

Des déclarations antérieures, on peut néanmoins déjà savoir que le CD & V et le MR souhaitent une baisse des taux de l’impôt des sociétés. Même si ouvrir le débat sur l’Isoc, c’est aussi ouvrir la porte à l’idée d’un impôt minimal, chère au PS. Le ministre des Finances, Steven Vanackere, suggère de compenser budgétairement une baisse de l’Isoc en supprimant une partie des 44 déductions et exonérations existantes.

L’Open VLD n’est sans doute pas insensible à ces propositions. Le vice-Premier Vincent Van Quickenborne évoque cependant plutôt un tri dans les baisses de charges ciblées (elles seront régionalisées en 2014), un système de "job tremplin" pour lancer les jeunes chômeurs dans la vie active, la dégressivité des allocations de chômage et l’autorisation d’engager des intérimaires dans la fonction publique fédérale.

La ministre des Classes moyennes, Sabine Laruelle (MR), prépare, elle, un nouveau Plan PME. On y parlera groupements d’entreprises, exonération de cotisations sur les premiers emplois (prévue pour 2013 mais qui pourrait être anticipée), réforme des cotisations sociales (pour qu’elles soient plus en phase avec l’activité réelle de l’indépendant durant l’année)…

Il y a aussi des mesures qui ne coûtent rien comme la réduction des charges administratives. Le ministre responsable, Olivier Chastel (MR), déposera la semaine prochaine son plan de simplification.

Enfin, puisqu’on attend beaucoup du Conseil central de l’économie, rappelons que son dernier avis insistait sur les lacunes de l’économie belge en matière d’innovation. Il serait donc opportun de mener des actions ciblées pour y remédier.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés