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La SFPI pas vraiment contrainte à sortir des énergies fossiles

Le contrat de gestion de la SFPI a été amendé, notamment pour inclure la volonté du Fédéral de sortir des investissements fossiles. Mais le texte est très peu ambitieux. ©Sebadelha Julie/ABACA

Le Fédéral dit vouloir sortir des énergies fossiles. Mais cette obligation est traduite de manière minimaliste dans le contrat de gestion de la SFPI.

Dans l'interview qu'elle nous a accordée il y a deux semaines sur les ambitions du Fédéral en matière de réduction des gaz à effet de serre, la ministre du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo), pointait entre autres exemples le fait que la SFPI (la Société fédérale de participations et d'investissement) "va sortir des investissements qui continuent à financer le fossile ou qui ne font pas d'effort pour décarboner".

Le texte prévoit un retrait "des entreprises à forte émission de gaz à effet de serre qui ne sont pas engagées dans la transition énergétique".

Le contrat de gestion de la SFPI, le bras armé de l'État en matière d'investissements, a été amendé, notamment sur cette question. Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), affirmait alors que la SFPI se devait de montrer l'exemple, à l'heure où elle demande aux institutions financières et aux grandes entreprises de miser sur le durable. Mais le texte, qui vient d'être publié au Moniteur, s'avère très peu ambitieux. Pas de quoi forcer le bras armé de l'État à revoir fondamentalement son portefeuille. La SFPI est en effet "chargée d'élaborer une stratégie d'investissement et de placement coordonnée, durable et ambitieuse, dont l'un des objectifs sera de réduire progressivement les investissements dans les énergies et combustibles fossiles". Le texte ajoute que "d'ici 2030, l'État fédéral et les institutions sous sa tutelle devront s'être entièrement retirés des entreprises à forte émission de gaz à effet de serre qui ne sont pas engagées dans la transition énergétique".

Lecture minimaliste

Autant dire qu'une lecture minimaliste permettra de justifier tous les investissements en portefeuille. Prenons quelques-unes des participations les plus sensibles de la SFPI au regard de leurs émissions de gaz à effet de serre. Brussels Airport? Il a annoncé son intention de devenir un aéroport "net zéro carbone" d'ici 2050. Fluxys? Il travaille sur une infrastructure pour l'hydrogène et le CO2 en Belgique, et présente le gaz comme "la composante indéniable de la transition énergétique". La Sonaca? Elle a déménagé vers un bâtiment éco-performant et a investi dans l'autoproduction d'énergie renouvelable. Même Air Belgium a modernisé sa flotte d'avions, ce qui réduit de 25% la consommation de carburant et les émissions de CO2, selon ses dires.

Le secteur aéronautique est un des "piliers stratégiques" de la SFPI, précise un des articles amendés du contrat de gestion.

Les mots choisis pour baliser la mission du bras financier de l'État en la matière sont en fait un simple copier-coller d'un passage de l'accord de gouvernement. Il nous revient toutefois que le conseil d'administration de la SFPI est très attentif à la question, et a notamment demandé que la SFPI réanalyse sa position dans le secteur aéronautique. Mais ce secteur est justement un des "piliers stratégiques" de l'institution, précise un des articles amendés du contrat de gestion…

Des milliards en plus au bilan fin 2021

La transformation de la SFPI en fonds souverain avance. La nouvelle version du contrat de gestion confirme que les participations dans Belfius, BNP Paribas, Ethias et la Loterie Nationale seront centralisées dans le courant de l'année 2021 dans les mains de la SFPI.

Actuellement, la SFPI est déjà actionnaire de la Loterie, aux côtés de l'État fédéral, qui est également actionnaire de l'entreprise en direct. Par contre, Belfius, BNP Paribas et Ethias sont entièrement dans les mains de l'État, même si elles sont gérées en mission déléguée par la SFPI. Trois des quatre protocoles qui doivent être conclus à ce sujet entre l'État et la SFPI sont rédigés, apprend L'Echo, et le dossier devrait revenir sur la table du gouvernement d'ici la fin de l'année pour un feu vert final.

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