La SNCB envoie le dossier Fyra au Parquet

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Le patron de la SNCB a porté un audit sur l'achat de trains Fyra à la connaissance de son conseil d'administration. Lundi, ce dernier a décidé d'en référer au Parquet. De son côté, le constructeur italien AnsaldoBreda a annoncé une action en justice, considérant que ses trains Fyra ne sont pas dangereux.

"Mon père était menuisier et il m'a toujours appris que, si vous tapez sur un clou et qu'il se courbe, il ne faut pas essayer de retaper dessus pour le redresser, il faut le remplacer. C'est ce que nous avons fait. Nous n'avons pas voulu courir de risque." Le patron de la SNCB, Marc Descheemaecker, s'expliquait devant le Parlement, ce mardi, au sujet du flop des trains à grande vitesse Fyra. Le CEO de l'entreprise publique du rail a notamment indiqué aux députés que depuis qu'il avait rejoint le comité de direction de la SNCB il avait toujours été opposé à l'achat de trains Fyra : "Personnellement, je suis particulièrement heureux que nous puissions enfin abandonner les trains d'AnsaldoBreda. Je m'y étais déjà opposé en 2003", a-t-il indiqué

Il a surtout annoncé avoir saisit le Parquet du dossier. Marc Descheemaecker a expliqué avoir commandé en février à sa propre initiative un audit chez Ernst&Young sur la procédure d'achat des trains Fyra. Le 22 février, le CEO de la SNCB a commandé à Ernst&Young un audit sur cet achat, a-t-il poursuivi lors d'une audition à la Chambre des représentants. Il n'en a à l'époque pas informé son comité de direction.

Le 30 mai, le CEO a soumis ce rapport à son conseil d'administration, qui l'a étudié le 31 mai. Le contenu de ce document n'est pas public, mais il a poussé la SNCB à le transmettre au procureur du Roi de Bruxelles.

"Le 3 Juin, la présidente du conseil d'administration, Mme Bovy, et moi-même, avons mis le document - la version complète du rapport dans mon cas - à la disposition du procureur du Roi de Bruxelles", a indiqué le patron de la SNCB devant les députés de la commission de l'Infrastructure, des Communications et des Entreprises publiques, avant de préciser qu'il ne s'agissait pas d'une plainte mais "d'un dossier".

 

AnsaldoBreda en justice

Le constructeur italien de Fyra n'a pas tardé à contre-attaquer. AnsaldoBreda a annoncé ce mardi après-midi une action en justice, et nie que ses trains Fyra soient dangereux, alors que la SNCB a annulé sa commande de trains à grande vitesse V250 au fabricant italien.

L'entreprise "rejette fermement toutes les accusations formulées sur la question du contrat d'exécution avec le client belge SNCB liées à la livraison de trois trains à grande vitesse Fyra", indique-t-elle dans un communiqué

Selon AnsaldoBreda, "les déclarations faites par le CEO de la SNCB et celles incluses dans le communiqué de presse de NS (Nederlandse Spoorwegen, NDLR) sont contradictoires" et "le public doit savoir que le train est sûr et, comme tel, il a été certifié et vérifié par les autorités internationales responsables". 

Le revers de janvier (...) a été causé par la vitesse excessive du train (250 km/h), une opération imprudente et irresponsable, qui a été réalisée plusieurs fois en dépis de l'intervention automatique de systèmes embarqués qui ont activé de façon répétée le freinage d'urgence", observe notamment l'entreprise italienne.

Le mauvais fonctionnement n'était qu'un "prétexte pour mettre un terme à la livraison, en particulier par l'opérateur en Belgique", accuse AnsaldoBreda, qui estime que la "véritable" raison qui a poussé la SNCB à annuler le contrat de vente n'est pas technique mais "d'une autre nature".

 

 

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