La "suédoise" cherche à créer de l'emploi

Les deux co-formateurs : Kris Peeters (CD&V) et Charles Michel (MR). ©belga

Les négociateurs de la "suédoise" sont entrés dans le vif du sujet, ce lundi. Les libéraux, démocrates-chrétiens flamands et nationalistes flamands négocient une déclaration gouvernementale, avec le budget comme plat principal et la création d'emploi comme principal objectif. La question du poste de commissaire européen doit être abordée dans la semaine.

Les co-formateurs Charles Michel et Kris Peeters présenteront oralement ce mardi le contenu de leur note aux représentants des partis pressentis pour former la prochaine majorité fédérale, "afin de prendre en compte leurs points de priorité", a indiqué M. Michel à l'issue de la première réunion de négociation.

Les négociations ont redémarré ce lundi après-midi avec en plat principal le budget. D'ici 2019, 17,1 milliards d'euros devront être trouvés. Les négociateurs ne s'engageront toutefois pas dans un conclave budgétaire de plusieurs jours. Le point sera "transversal", a-t-on assuré. L'impact budgétaire de chaque mesure sera évalué. Parmi les points que doivent trancher les quatre partis, figurera également la question du retour à l'équilibre budgétaire. Plusieurs années circulent: 2016, 2017 ou 2018. Le choix sera tributaire de plusieurs éléments, dont celui des réformes structurelles qui seront menées dans des domaines comme celui des retraites.

"Nous avons travaillé dur ces 14 derniers jours pour pouvoir commencer à présent les négociations avec les notes des formateurs", a indiqué le co-formateur Kris Peeters (CD&V). "Les 17 milliards doivent venir de quelque part, naturellement, mais je ne veux pas préjuger là-dessus. Nous allons résoudre cela d'une manière vertueuse", a ajouté le démocrate-chrétien sur les ondes de la VRT.

Un groupe de travail composé de techniciens se penchera par ailleurs sur l'élaboration de normes de dépenses primaires qui s'appliqueront pour le remplacement des fonctionnaires, dans les soins de santé, les coûts de fonctionnement, etc.

La note qui servira d'ossature aux négociations se compose d'une douzaine de chapitres, portant d'une part sur le domaine socio-économique et la création d'emplois et d'autre part sur les sujets de société qui couvrent les domaines de la justice, la sécurité, la mobilité, l'immigration, etc.

"Tout le monde est convaincu que nous devons réformer ce pays dans le domaine socio-économique en ayant l'objectif de créer de l'emploi", a expliqué M. Peeters. "La volonté des quatre partis est de prendre des décisions en vue de créer de l'emploi. La création d'emploi est la clé pour financer la sécurité sociale et les pensions", a souligné M. Michel.

Les co-formateurs organiseront une communication lorsque des avancées significatives auront lieu. La note ne fera pas néanmoins l'objet d'une communication publique. "C'est une transparence qui connaît des limites", a plaisanté M. Peeters.

Les réunions plénières reprendront jeudi, vendredi et samedi.

"Bec et ongles"

Le MR est représenté par Didier Reynders, Willy Borsus et Olivier Chastel. Pour la N-VA, il s'agit de Bart De Wever, Jan Jambon et Johan Van Overtveldt. Pour le CD&V, de Wouter Beke, Koen Geens et Pieter De Crem. Pour l'Open Vld, de Gwendolyn Rutten, Alexander De Croo et Maggie De Block.

"Nous assurerons la défense des francophones bec et ongles comme nous l'avons toujours fait dans les différents gouvernements auxquels nous avons participé", a assuré le vice-premier ministre Didier Reynders.

MM. Michel et Peeters ont mis dimanche la dernière main aux douze notes, têtes de chapitres d'une future déclaration gouvernementale - qu'ils ont préparées avec les équipes au cours des deux dernières semaines, après une phase de discussions bilatérales.

Ces notes des formateurs, qu'ils considèrent comme des "textes à négocier" - bien qu'ils tiennent déjà compte des sensibilités de la N-VA et de l'Open Vld - seront discutées à partir de lundi selon un rythme soutenu: tous les jours de la semaine, sauf le dimanche a priori, soit en plénière, soit au sein de groupes de travail.

Les négociateurs du MR, de la N-VA, du CD&V et de l'Open Vld n'ont pas abordé la question du candidat à la Commission européenne. La question doit être réglée d'ici la fin août. Les "initiatives nécessaires" seront prises pour que l'échéance soit respectée, a assuré M. Peeters. Le point ne viendra toutefois pas à l'ordre du jour cette semaine.

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