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Le budget met la Vivaldi à l'épreuve

Alexander De Croo et Paul Magnette n'ont pas été en mesure, lundi soir, de présenter leur rapport final au Roi. ©BELGA

Les sept partis de la Vivaldi poursuivent les négociations. Ils doivent s'entendre sur le financement du futur programme du gouvernement. Le temps presse: une déclaration de politique générale est attendue jeudi à la Chambre.

"Les formateurs ont fait leur rapport sur leur mission. Ils remettront dans les plus brefs délais leur rapport final au Roi." Le Palais n'ose pas donner d'échéance pour l'atterrissage final de la formation du gouvernement, toujours menée par Paul Magnette et Alexander De Croo. Ce n'est pas bon signe alors que les négociateurs de la Vivaldi peinaient encore, lundi soir, à s'entendre sur l'épure budgétaire qui allait soutenir leur programme. La distribution des compétences ministérielles était, elle aussi, encore incertaine.

Les sept partis en présence sont encore très loin d'un accord.

À plusieurs sources, on confirmait que les sept partis en présence (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V) étaient en fait très loin d'un accord et que, malgré une ferme volonté d'aboutir, la nuit ne suffirait sans doute pas à clôturer l'exercice. D'aucuns allant jusqu'à douter que les deux formateurs atterrissent à temps pour la séance plénière de la Chambre jeudi. Une fois l'accord conclu, il faut en effet en assurer la parfaite traduction avant que les instances des partis puissent se prononcer sur son contenu.

"Les négociateurs sont plongés dans le budget, où se joue une opposition classique entre socialistes et libéraux", analyse un proche des négociations. Les premiers ne regardant pas à la dépense en arguant que celle-ci soutiendrait l'économie, les seconds restant attachés "à une trajectoire budgétaire maîtrisée".

"Les négociateurs sont plongés dans le budget, où se joue une opposition classique entre socialistes et libéraux."

Or le budget conditionne la portée de chaque mesure. Il doit déterminer les montants consacrés, par exemple, à un relèvement des pensions minimums ou des allocations sociales. Quel refinancement du rail? De la justice? La sortie du nucléaire en 2025 et les éventuelles compensations publiques liées à des hausses sur la facture ou des problèmes d'approvisionnement demeurent un dossier sensible.

Et ce ne sont pas les fuites de lundi au sujet d'une facture totale chiffrée à 11,6 milliards qui y changeront quoi que ce soit. Ce montant correspond à ce qu'on appelle en coulisse "la liste de Saint Nicolas", celle des dépenses considérées dans leur ampleur la plus lourde pour les finances de l'État. Ce montant devrait être au moins raboté de moitié, corrigeait-on dans l'entourage des négociations.

Le sujet est d'autant plus glissant qu'on peine encore à voir clair quant aux recettes nouvelles qui viendraient soutenir la hausse annoncée des dépenses publiques. Le volet fiscal de l'accord est encore en gestation, tout comme les économies à réaliser dans le fonctionnement de l'État.

Une nouvelle réunion des septs partis était prévue ce mardi à 9h. Les co-formateurs devraient proposer une synthèse des travaux, selon l'agence Belga.

Le casting ministériel se précise

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