Lachaert opte pour la "Vivaldi", Bouchez et De Wever se déchirent sur Twitter

Même si Egbert Lachaert planche sur une coalition Vivaldi, les liens entre son parti, l'Open Vld, et la N-VA ne sont toutefois pas rompus. ©Photo News

Le chargé de mission royale Egbert Lachaert abandonne officiellement la N-VA et va entamer des discussions pour la formation d'une coalition Vivaldi. Georges-Louis Bouchez (MR) et Bart De Wever (N-VA) ont, eux, réglé leurs comptes en public.

Le président de l'Open Vld et chargé de mission royale Egbert Lachaert est en train d'explorer une coalition rassemblant les libéraux, socialistes, écologistes et les chrétiens-démocrates flamands du CD&V en vue de former le prochain gouvernement fédéral. Lachaert doit rendre son rapport au Roi ce vendredi à 11h.

Cette formule, dénommée "Vivaldi", "est actuellement explorée", dit-on du côté de l'Open Vld, "mais on ignore encore si cela va marcher". "Nous discutons avec les parties de bonne volonté pour savoir si cette voie est viable", explique ainsi Lachaert. Si cette coalition ne voit pas le jour, "il y a d'autres options", ajoute-t-on chez les libéraux flamands.

Egbert Lachaert a clairement signifié, lors d'un entretien avec le président de la N-VA Bart De Wever, qu'une coalition sans les nationalistes flamands était pour le moment à l'étude, confirme-t-on dans l'entourage des négociateurs. Les liens ne sont toutefois pas rompus entre l'Open Vld et la N-VA, précise-t-on dans les deux partis.

Règlements de compte

Cette formule "Vivaldi", qui exclut les nationalistes flamands, avait fait bondir Theo Francken mardi. L'ancien secrétaire d'Etat N-VA avait menacé sur Twitter du risque d'une coalition "jaune-noire" (N-VA avec l'extrême-droite du Vlaams Belang) en 2024. 

Ce jeudi, c'est son président Bart De Wever qui a exprimé sa colère via le même canal, indiquant que "la Flandre n’a jamais voté aussi flamand et à droite, tandis que le prochain gouvernement fédéral ne deviendra peut-être jamais aussi francophone et de gauche." Ce à quoi le président du MR Georges-Louis Bouchez lui a répondu: "Tu aurais pu y penser avant, n’est-ce pas? Avant de tirer le bouchon de l’Arizona, d'attaquer les partenaires potentiels de droite et d’accepter la note la plus à gauche."

"Nous discutons avec les parties de bonne volonté pour savoir si cette voie est viable."
Egbert Lachaert
Chargé de mission royale

Depuis le début de la semaine, la discrétion est de mise tant chez les libéraux que les socialistes et les écologistes, ce qui laisse entendre que les discussions progressent. Des réunions techniques ont eu lieu ces derniers jours et se tiennent encore ce jeudi, indique-t-on à bonne source. Et le CD&V est bien inclus dans ces pourparlers, poursuit-on dans l'entourage de plusieurs négociateurs.

Le cdH, qui aurait également pu faire l'appoint, n'a par contre plus été invité depuis jeudi dernier et dit "prendre acte" du fait de ne plus être associé aux discussions.

Quid du CD&V?

En optant explicitement pour la "Vivaldi", Lachaert renvoie la balle au président du CD&V Joachim Coens qui doit maintenant décider s'il veut se joindre à cette coalition. Le CD&V en a déjà discuté en interne, mais la question reste toujours en suspens.

Joachim Coens a déclaré précédemment que si la coalition se transforme en "coalition avec un programme éthique rouge-bleu-vert et un reste de sauce belge", il préférerait se retrouver dans l'opposition. Sans le CD&V et le cdH, la coalition a une très faible majorité.

Des programmes qu'il faudra concilier

On parle du facteur d'incertitude que représentent les chrétiens-démocrates, mais le PS et le sp.a. n'ont, eux non plus, pas encore été convaincus de s'engager. Sur le plan socio-économique, les positions des socialistes et des libéraux sont très éloignées et les discussions sont difficiles.

On parle du facteur d'incertitude que représentent les chrétiens-démocrates, mais le PS et le sp.a. n'ont, eux non plus, pas encore été convaincus de s'engager.

Lors des négociations avec la N-VA, une taxe sur les plus-values, une taxe sur les valeurs mobilières et des dépenses supplémentaires étaient déjà sur la table pour le PS et le sp.a. Difficile à accepter pour les libéraux, mais les socialistes voudraient conserver ces mesures. L'Open Vld, en revanche, souhaite des mesures de soutien aux entreprises, ce qui est difficile pour Paul Magnette (PS) et Conner Rousseau (sp.a). Ce dernier a par ailleurs prévenu ce vendredi que des nouvelles élections devront être organisées s'il n'y a toujours pas de gouvernement à la mi-septembre.

C'est donc ce vendredi que Lachaert se rendra chez le roi pour faire le point sur sa mission. Si le CD&V décide rapidement de rejoindre la table, on pourrait alors passer à une étape suivant de la mission royale en nommant un ou plusieurs formateurs. Dans ce cas, Alexander De Croo (Open Vld) et Paul Magnette (PS) pourraient être envoyés sur le terrain. Leurs noms circulent depuis un certain temps déjà en tant qu'éventuels formateurs d'une coalition quadripartites.

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