Le Belge se serrera la ceinture à Noël

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Selon Deloitte, le budget des ménages belges sera inférieur à la moyenne européenne.

Cinq cent septante euros. C’est ce que dépensera en moyenne chaque ménage belge pour les fêtes de fin d’année. C’est moins que la moyenne européenne (590) et un peu moins que l’an dernier (580). Ces données sont tirées de la 13e édition de la traditionnelle étude du cabinet Deloitte sur les intentions de dépenses des ménages européens pour Noël et le Nouvel An. Réalisée dans une petite vingtaine de pays auprès d’un échantillon de près de 21.000 personnes (dont un bon millier en Belgique), l’étude a été publiée hier en France, et le sera chez nous à la fin du mois. En voici déjà les principaux enseignements.

- Un moral dans les talons. Alors que l’an dernier ils faisaient preuve d’un certain optimisme, les consommateurs européens se mettent à douter des signes de reprise. Un Européen sur deux a l’impression que l’économie est encore en récession. Seul un sur quatre pense que la situation s’améliorera en 2011. Un consommateur sur trois n’est pas certain de garder son travail. L’impression de sécurité d’emploi a donc diminué en Europe par rapport à l’an dernier. Seuls les Allemands se sentent davantage sécurisés, ce qui, selon Deloitte, représente un signe modeste mais important d’optimisme au sein de la principale économie d’Europe.

- Des dépenses en berne. Résultat: les consommateurs européens projettent de réduire de 2,5% leurs budgets de dépenses pour les fêtes de fin d’année à 590 euros en moyenne. C’est dans les pays touchés par des mesures d’austérité, comme la Grèce et l’Irlande, que les dépenses diminueront le plus, soit respectivement de 20 et 10%. Les Français, engoncés dans les remous sociaux de l’automne, diminueront leur budget de 4% et les Belges, peut-être lassés de la crise politique, de 1,7%. C’est la 4e année consécutive qu’ils se serreront ainsi la ceinture. Par contre, si seuls 14% d’entre eux envisagent de dépenser davantage en cadeaux qu’en 2009, en revanche, fidèles à leur réputation de bon vivant, les Belges consacreront toujours plus que la moyenne européenne aux repas de fête (180 euros, contre 150).

- Des achats utiles. Plus de 90% des Européens ne veulent pas acheter n’importe quoi pour leurs cadeaux. Les innovations technologiques (tablettes, TV 3D, smartphones…) ne font pas partie de leurs priorités. Les grandes marques perdent de plus en plus de terrain par rapport aux marques de distributeurs. 77% des Européens prévoient donc de chercher des cadeaux moins chers, 84% de privilégier les promotions et 81% d’acheter des cadeaux pour moins de personnes. Ils n’hésiteront pas, si nécessaire, à acheter des cadeaux d’occasion. Un marché que se développe de plus en plus, notamment via des sites comme eBay ou Price Minister. Ainsi 22% des Européens et 17% des Belges sont prêts à acheter des cadeaux d’occasion. Des chiffres en croissance sensible par rapport à 2009.

Dans le même ordre d’idées, ils n’hésiteront pas non plus à revendre les présents qui ne leur plaisent pas. La tendance n’est pas neuve mas s’accentue. Après les Néerlandais, les Belges sont les Européens de l’Ouest les plus prompts à agir de la sorte puisque 89% sont prêts à se débarrasser de ces cadeaux non désirés.

- Des chèques cadeaux qui cartonnent. Conséquence, sans doute, de ce qui précède, le chèque devient un des cadeaux préférés, qu’il s’agisse de l’offrir ou de se le faire offrir. C’est le cadeau préféré des Belges depuis 2007 et depuis cette année des Irlandais, des Britanniques, des Néerlandais et des Français. À noter que près de 20% de ces chèques ne sont pas ou que partiellement utilisés (15% en Belgique) au risque de perdre toute valeur.

- Des Belges toujours aussi lents à la détente sur l’internet. Alors que 33% des Européens achèteront en ligne et y consacreront 36% de leurs budgets pour les fêtes de fin d’année, ces chiffres retombent respectivement à 16 et 23% en Belgique. Pire, les Belges sont, avec les Grecs (frappés par la crise endémique dans leur pays), les Européens qui diminueront le plus leurs achats via l’internet: 26% contre 12% en Europe. Seuls 11% comptent acheter davantage (33% en Europe). Décidément, l’e-commerce belge tarde à démarrer…

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