Le boom des sociétés unipersonnelles

La société Euphony travaille beaucoup avec des indépendants, qui créent des sociétés unipersonnelles. ©Luyten ©Dries Luyten

Pas moins de 59% des sociétés créées entre le 1er janvier et le 31 août de cette année sont des sociétés unipersonnelles.

C’est clairement un record absolu. Selon les chiffres du bureau d’études Graydon, près de deux entreprises sur trois créées cette année sont des entreprises à un seul associé. Une des raisons de cet engouement est que les grosses sociétés font de plus en plus appel à des indépendants, plutôt qu’à des employés.

Le secteur des télécoms en est un exemple frappant, explique Eric Van de Broele de Graydon. "Cette année, nous voyons dans ce secteur plus qu’un doublement du nombre de sociétés unipersonnelles créées. On en compte 1.369 dans les télécoms, ce qui représente 3,85% des créations. Sur les 8 premiers mois de l’année dernière, on n’atteignait que 523 sociétés unipersonnelles pour ce secteur."

L’étude révèle que la société Euphony utilise massivement ce système. "Il est vrai que nous engageons beaucoup d’indépendants, nous dit-on auprès de l’entreprise. À cause de la crise, beaucoup de gens cherchent un emploi complémentaire." La plupart de ces indépendants sont des vendeurs. Ils font du démarchage auprès de leurs proches.

Euphony tient à faire savoir que ce sont les collaborateurs indépendants eux-mêmes qui décident de la charge de leur travail. Une obligation puisqu’ils sont censés travailler pour leur propre compte. Pour un indépendant, une société ne peut imposer la quantité d’une tâche assignée. Sinon, il s’agit d’un faux indépendant.

"Auparavant, les règles étaient plus strictes, commente Van den Broele. Au vu des chiffres, on voit un adoucissement. Je me demande si c’était une bonne idée d’ouvrir davantage la porte. Il est désormais plus facile de contourner le système."

Cherche consultant

Une autre raison au décollage des créations de sociétés unipersonnelles est la crise économique. "Nous constatons que beaucoup de cadres licenciés tentent de revenir en tant que consultant", remarque encore Van den Broele. Ils comptent pour 5% des entreprises créées. Aucun autre secteur ne performe mieux. "Les employés licenciés le font plutôt par nécessité, parce que souvent, ils ne trouvent pas de nouvel emploi, apparaît-il. Le nombre d’abandons dans ce secteur est élevé. Cela peut vouloir dire qu’une fois qu’ils ont trouvé du boulot, ils arrêtent leurs activités."

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