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Le budget de la Sécu en dérapage de 800 millions d'euros

©BSIP/T & L

Pour 2015, le gouvernement Michel tablait sur un déficit de 516 millions d'euros. Ce sera finalement 1,31 milliard. De quoi rendre le contrôle budgétaire nettement plus douloureux.

Ca, c’est ce qui s’appelle une tuile. Jusqu’à présent, lorsqu’on parlait du contrôle budgétaire supposé démarrer à la mi-mars, le ministre du Budget, Hervé Jamar (MR), se montrait, certes évasif, mais en tout cas pas sous tension. Pas une partie de plaisir sans doute, mais rien de trop tendu non plus. Car les bonnes nouvelles s’accumulaient: une croissance un brin moins atone que prévu, des taux d’intérêts plancher allégeant la charge de la dette (d’au moins 200 millions).

La preuve que le climat budgétaire était considéré comme relativement doux pour 2015? Les demandes de rallonges déposées par tous les ministres chez Hervé Jamar, comme une sorte de liste de Saint-Nicolas. Ensemble, les ministres N-VA demanderaient ainsi un rabiot de quelque 400 millions d’euros. Le ministre de la Justice, Koen Geens, espérerait, lui, 170 millions.

Eh bien, tout cela risque d’être compromis. Parce que le budget de la sécurité sociale, lui, valse solidement dans le rouge. En septembre dernier, le gouvernement tablait encore sur un déficit de 583,76 millions d’euros, dû essentiellement (350 millions) au gel de la mesure prévoyant que les employeurs paient deux mois de salaire, et non plus un, à leurs employés malades.

Sauf qu’en fait, réuni fin de semaine dernière, le Comité de gestion de la sécurité sociale a revu ces chiffres, justement afin de préparer ce fameux conclave budgétaire. Une révision qui fait mal, puisqu’on ne parle plus d’un déficit 2015 de 583,76 millions, mais plutôt d’un trou de 1,549 milliard, soit une différence 965 millions. Si l’on passe tout cela à la moulinette de la norme SEC, l’addition se fait un fifrelin moins salée, mais reste tout de même difficile à digérer: un déficit de 1,31 milliard pour 2015, soit 794,15 millions de plus que prévu. Une tuile, on vous disait. A 800 millions.

Comment l’expliquer? La conjonction d’une multitude de facteurs. Dont certains pèsent plus que d’autres. Le poids lourd, c’est la baisse des cotisations sociales ONSS par rapport à l’épure budgétaire initiale: 743,6 millions de recettes en moins. Il faur dire qu’entre septembre 2014 et février 2015, l’estimation de la masse salariale a chuté d’un bon 2,2 milliards. Voilà qui va donner du grain à moudre à la gauche du spectre politique, dénonçant vertement les politiques de modération salariale.

Autre recette en berne: le financement alternatif de la Sécu. Car il faut rappeler que 23% des recettes de la TVA viennent soutenir la sécurité sociale du pays. Un soutien qui faiblira de 199,4 millions en 2015.

Côté dépenses aussi, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. La hausse du nombre de personnes à charge de l’Onem – des unités physiques, dit le Comité de gestion – coûtera 124,8 millions de plus que budgété en septembre 2014. Ajoutez à cela l’enveloppe bien-être, servant à revaloriser les allocations minimales, qui devait être initialement financée par le biais de la fiscalité, et non de la Sécu. Cela ne sera finalement pas le cas. Dont coût : 244,8 millions.

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