Le budget des soins de santé n'a pas été approuvé. Et donc?

Le budget des soins de santé pour 2020 n’a pas été approuvé. C’est au gouvernement de reprendre la main… ©BELGA

Le budget des soins de santé pour 2020 n’a pas été approuvé. C’est au gouvernement de reprendre la main…

Le comité de l’assurance, composé des médecins et mutuelles, avait proposé une enveloppe de 27,593 milliards d’euros pour les soins de santé en 2020, et des moyens pour trouver les 399 millions manquants par rapport aux projections de l’Inami. Il fallait que le conseil général de l’Inami, instance regroupant mutuelles, patrons, syndicats et représentants du gouvernement, avalise cette proposition. Cela n’a pas été le cas.

Ce lundi, le budget des soins de santé 2020 n’a en effet pas été approuvé par le Conseil général. Sur les 21 membres, douze devaient voter "pour". Or, seuls dix (les syndicats et mutuelles) ont approuvé la proposition tandis que quatre ont voté contre (quatre des cinq représentants du patronat). Les autres se sont abstenus.

Pour Jacques de Toeuf, le négociateur de l’Absym, ce fut "une pantalonnade extraordinaire", le montage concocté par le comité de l’assurance étant décrié.

Refus du gouvernement

Les cinq représentants du gouvernement se sont abstenus lors du vote. Pourquoi? "Le patient est au cœur de nos soins de santé. Cela doit également se ressentir dans le budget, et ce n’était pas suffisamment le cas ici: presque tous les nouveaux investissements iraient aux structures et aux établissements de soins, presque aucun au patient lui-même, a expliqué la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld). En tant que gouvernement, nous ne pouvions et ne voulions pas approuver un tel budget."

Le gouvernement adresse plusieurs reproches à l’égard de l’avis budgétaire du Comité de l’Assurance: "Le produit des mesures a été estimé de manière très optimiste et il n’y a pas d’informations suffisantes ou même claires sur la manière dont la nouvelle politique sera financée. La Commission de contrôle budgétaire de l’Inami avait déjà fait la même observation le 9 octobre." En outre, le comité "a également ignoré les dispositions légales. Il a relevé l’objectif budgétaire et a levé le blocage structurel alors qu’il n’en avait pas le pouvoir".

Et maintenant? "Le gouvernement reprend la main et va décider tout seul. En attendant, nous fonctionnerons avec un budget provisoire, qui nous empêche de conclure des accords dans nos différents secteurs. À moins que les parlementaires ne s’énervent et qu’une proposition de loi ne définisse le budget de l’assurance-maladie…", regrette Jacques de Toeuf.

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