Le Bureau du plan table sur un déficit de 36 milliards en 2026

Philippe Donnay, commissaire au Plan. ©BELGA

L’économie belge se remet plus rapidement que prévu, confirme le Bureau du plan. 41.000 emplois devraient même être créés sur 2020 et 2021. Mais le déficit public reste préoccupant.

Alors que certains économistes, comme Paul De Grauwe, estiment que le niveau des taux d’intérêt, qui sont inférieurs au taux de croissance du PIB, va permettre une diminution automatique du ratio dette/PIB, les projections du Bureau du plan publiées ce jeudi sont nettement moins optimistes. Elles prévoient que la dette publique belge, stable en 2021 et 2022, à environ 114% du PIB, va repartir à la hausse à partir de 2023, pour atteindre 123% du PIB en 2026. Rappelons qu’il s’agit de projections, pas de prévisions: elles ne tiennent pas compte des mesures de relance supplémentaires ou à l’inverse, des mesures d’économie que les gouvernements sont susceptibles de prendre à l’avenir.

Un déficit trop élevé

"Les taux d’intérêt sont inférieurs au taux de croissance, mais le déficit est trop élevé pour enclencher un effet boule de neige inversé, souligne Michel Saintrain, économiste au Bureau du plan.

"Stabiliser la dette aurait nécessité que le déficit ne dépasse pas 3,5% du PIB, or il va atteindre 5,6% en 2026."
Michel Saintrain
Économiste au Bureau du plan

Stabiliser la dette à moyen terme aurait nécessité que le déficit ne dépasse pas 3,5% du PIB." Or après un déficit de 9,3% du PIB en 2020, les finances publiques belges devraient connaître un déficit de 5% en 2022 et 2023, qui va augmenter légèrement au cours des années suivantes, pour atteindre 5,6% du PIB en 2026, soit 36 milliards d’euros, selon le Bureau du plan. En cause? En premier lieu, les opérations courantes, gonflées par les mesures de soutien liées à la crise sanitaire, la hausse des pensions les plus basses ou le refinancement des soins de santé.

Suite aux plans de relance, les investissements publics progressent toutefois eux aussi: ils devraient atteindre 3,2% du PIB en 2024, un niveau que l’on n’a plus connu depuis 1985, mais qui reste un chouia en dessous de l’objectif de 3,5% que s’est fixé la coalition Vivaldi.

Une forte reprise de l’économie

Comme la Banque nationale, le Bureau du plan a revu ses chiffres à la hausse, et table désormais lui aussi sur une croissance de 5,5% du PIB en 2021. Après le choc sévère subi au premier semestre 2020, l’économie belge a enregistré une forte reprise. Le nouveau confinement de cet automne ne l'a interrompue que temporairement. La croissance est repartie à la hausse au premier trimestre 2021, un phénomène qui devrait se renforcer avec la réouverture de l'Horeca ou des cinémas. Début 2022, le PIB belge devrait avoir retrouvé son niveau d’avant-crise. La croissance économique devrait ensuite progressivement se normaliser.

194.000 emplois créés en cinq ans

Du côté de l’emploi, la casse a été limitée. Si un grand nombre d’emplois (surtout temporaires), ont été perdus, ces pertes ont déjà été largement récupérées. Le Bureau du plan s’attend toutefois, avec la fin des mesures de soutien comme le chômage temporaire ou le droit passerelle, a des suppressions d’emploi fin de cette année et début de l’an prochain. La croissance de l’emploi devrait ensuite reprendre, courant 2022. Résultat: 44.000 emplois devraient être créés sur 2021-2022.

44.000
emplois
44.000 emplois devraient être créés en 2021-2002. Au total, sur la période 2021-2026, l'emploi devrait progresser de 194.000 unités.

La croissance de l’emploi devrait ensuite s’accélérer nettement en 2023, puis perdre un peu de vigueur les années suivantes, avec le ralentissement de la croissance de l’activité économique. Au total, sur la période 2021-2026, l’emploi devrait progresser de 194.000 unités, permettant au taux d’emploi, qui s’est tassé l’an dernier de 70,5% à 70%, de repartir à la hausse, pour atteindre 71,9% en 2023.

Le taux de chômage, lui, devrait être à 9% en 2022, à peine plus qu’en 2019, puis diminuer sensiblement pour atteindre 7,9% en 2024, grâce à la croissance soutenue de l’emploi et au ralentissement de celle de la population active.

Le résumé

  • L’économie belge se remet plus rapidement que prévu, confirme le Bureau du plan: la croissance du PIB devrait atteindre 5,5% en 2021.
  • 41.000 emplois devraient être créés sur 2020 et 2021.
  • Mais le déficit public reste préoccupant. Il est trop élevé pour permettre un effet boule de neige inversé, malgré des taux d'intérêt très bas.

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