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Le CD&V résiste à la pression "Vivaldi"

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Koen Geens, vice-Premier et négociateur CD&V, semble toujours vouloir impliquer la N-VA dans la formation du gouvernement fédéral. Côté francophone, on pousse pour l’option "Vivaldi" ou arc-en-ciel élargi avant lundi.

Un week-end pour une dernière ligne droite avant l’échéance fixée par le Palais royal fin décembre. Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) devront faire lundi leur rapport d’information au Roi sur l’état de la situation politique fédérale. A priori, l’objectif est évident: passer à la vitesse supérieure, d’un stade d’information à celui d’une préformation ou, encore mieux, d’une formation du prochain gouvernement. Cela fait bientôt huit mois qu’on a voté. À défaut, il n’est pas exclu qu’une reconduction du duo MR-CD&V soit décidée avec le cabinet du Roi. En réalité, vendredi, toutes les options étaient encore ouvertes.

Où en est l’arc-en-ciel élargi ou la coalition dite Vivaldi? On rappelle que fin du mois de décembre, le Parti socialiste a redit haut et fort, c’est l’ex-ministre président Rudy Demotte qui a fait le boulot, qu’il n’était pas question pour lui de s’associer à la N-VA, premier parti de Flandre. Dans le même temps, les nationalistes avaient craché tout leur fiel sur la note issue de l’information royale menée par le président socialiste Paul Magnette. Depuis, s’impose arithmétiquement l’arc-en-ciel (associant libéraux, socialistes et écologistes du Nord et du Sud, soit 76 sièges) élargi au CD&V (12 sièges).

"Je ne suis pas quelqu’un qui change facilement d’avis."
Koen Geens
Vice-premier ministre CD&V

En terme de coalition, c’était le projet de Paul Magnette. C’est également celui de Georges-Louis Bouchez, qui entend toutefois orienter le projet politique plus au centre, et des autres partis francophones concernés. Ils se heurtent à la résistance d’un Open Vld qui craint un programme trop à gauche et un CD&V qui rechigne à mettre son plus gros concurrent, la N-VA (25 sièges), dans l’opposition. Sans la N-VA (et les 18 sièges du Vlaams Belang), aucune majorité dans le groupe flamand de la Chambre n’est possible. L’enjeu de cette information, confirment plusieurs sources francophones de premier plan, est de faire en sorte que ces deux partis "passent un cap" et s’engagent enfin pour ce projet Vivaldi.

Décalage?

Mais l’affaire est loin d’être pliée. Vendredi, le vice-Premier ministre CD&V et négociateur fédéral Koen Geens a répété la position de son parti: le CD&V tient toujours à une coalition fédérale avec la N-VA. "La préférence de mon parti: avoir une large majorité en Flandre qui soutient la coalition", a-t-il déclaré à la télévision. "Je l’ai dit en son temps et répété, et je ne suis pas quelqu’un qui change si facilement d’avis". PS et N-VA étaient consultés séparément par les informateurs vendredi.

Côté francophone, ces déclarations peuvent faire l’effet d’une douche froide. "Elles révèlent le décalage entre les deux informateurs", analyse un observateur. Selon cette grille de lecture, on aurait un Georges-Louis Bouchez volontariste soucieux d’accoucher de son projet Vivaldi avant lundi et un Joachim Coens, pressé par son parti dont une partie au moins souhaiterait que la N-VA démontre son incapacité au compromis. Les fuites de la note d’information qui ont animé la semaine ont quelque part permis à son président Bart De Wever, en saluant le contenu du document, de se remettre dans le jeu.

Les nationalistes ne s’excluront pas eux-mêmes du processus fédéral. "On perd du temps a ne pas lancer une nouvelle séquence avec la N-VA au premier plan, analyse une source proche des discussions. Même si elle ne servira à rien compte tenu de l’arithmétique à la Chambre, elle est nécessaire pour le CD&V et l’Open Vld."

Les nationalistes font leurs vœux ce samedi à Malines. L’occasion de nouvelles déclarations fortes. Pour empêcher le CD&V et l’Open Vld de se lancer dans l’aventure Vivaldi? Le week-end devrait être chaud.

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